jeudi 7 avril 2011

Les contresens de Juan Asensio, par Jean-Yves Pranchère

Le but de mon blog n'a jamais été d'être critique ou polémique : il est un espace dans lequel évolue mon hétéronyme Simon Melmoth et il est un espace ou je donne à lire mes différents essais d'écriture.
Mais une fois n'est pas coutume, il est aujourd'hui ouvert à mon ami Jean-Yves Pranchère, pour qu'il réponde à un post de M. Juan Asensio. (que l'on peut lire ici)
Je rappelle que je suis chez moi, sur ce blog, et que les commentaires sont modérés.




Les contresens de Juan Asensio, par Jean-Yves Pranchère

Juan Asensio vient de faire paraître sur son blog un billet contre un de mes articles. C’est son droit le plus strict, et son texte aurait pu être intéressant s’il avait été inspiré, plutôt que par des motifs d’ordre personnel, par un véritable esprit critique.
Mais cet article n’est dû qu’à ce que je me suis défendu par les moyens du droit contre les étranges pratiques de Juan Asensio. L’une des plus étranges me semble être celle qui consiste à utiliser des pseudonymes pour tenter d’entrer dans la vie privée de ceux qui sont en désaccord avec lui.
Aujourd’hui, Juan Asensio renonce à ses pseudonymes et croit attaquer un de mes textes. Peut-être aussi croit-il se venger de m’avoir autrefois écrit qu’il avait «apprécié» mes travaux sur Joseph de Maistre et qu’il me tenait pour un «auteur».
Malheureusement pour lui, la malveillance n’est pas un bon guide. Juan Asensio est si pressé de polémiquer qu’il ne lit pas le texte qu’il croit commenter. C’est ainsi qu’il me prête toutes sortes de confusions qui ne sont que dans son propre esprit.
Comme il serait vain et fastidieux de faire le relevé des bévues et des méprises que son billet multiplie, je me contenterai de deux exemples.
— Juan Asensio juge fausse la phrase suivante: «Parce qu’elle se fonde sur le constat de l’effondrement des hiérarchies, l’anti-modernité avoue son impuissance à y remédier».
Voici son commentaire:
«J’ai beau relire cette phrase, je n’ai toujours point perçu la solidité de la concaténation qu’elle prétend établir car enfin, on peut constater l’effondrement des hiérarchies tout en se proposant, politiquement, socialement, religieusement, d’y remédier.»
Au lieu de relire cette seule phrase, il aurait dû, pour la comprendre, relire les phrases qui la précèdent et en donnent le sens. J’avais écrit:
«Prétendre restaurer politiquement le sacré, ce serait le nier dans sa sacralité même: ce serait en faire le produit d’une fabrication humaine et lui refuser l’aura du divin.»
Il s’agissait donc, dans mon propos, de la restauration politique du sacré. Hiérarchie vient de hieros, qui signifie sacré: traiter le sacré comme un produit du politique, c’est en faire un artifice humain, c’est le profaner — tel est le paradoxe qui a échappé à Juan Asensio. Le sacré n’est pas une décision humaine.
— Juan Asensio enchaîne ainsi:
«Il n’est ainsi point étonnant de constater que Pranchère assimile cette ou plutôt ces tentatives de réinstauration d’un ordre hiérarchique avec une seule et unique réalité: "les compromissions, nous dit-il, avec l’esprit et la réalité du fascisme". Je doute qu’il faudrait plus de quelques lignes à un historien pour balayer une affirmation aussi téméraire, ou plutôt, parfaitement fausse.»
Ici, Juan Asensio falsifie le texte qu’il cite.
J’avais écrit:
«Le dandysme d’un Baudelaire est sans commune mesure avec les tentatives de traduction politique active de l’anti-modernité – tentatives qui, de Maurras à Carl Schmitt en passant par Heidegger,  n’ont conduit qu’aux compromissions avec l’esprit et la réalité du fascisme».
On voit que je ne parlais pas des "tentatives de réinstauration d’un ordre hiérarchique" en général, comme Juan Asensio tente de le faire croire. Je parlais de trois auteurs précis, dont Juan Asensio a effacé les noms.
Que la défense de la hiérarchie ne se confonde pas avec le fascisme, je l’ai moi-même dit dans un passage de mon livre sur Maistre qui discutait la thèse d’Isaiah Berlin selon laquelle Maistre aurait été un "proto-fasciste".
Ici, il ne s’agissait pas de cela, mais bien des "tentatives de traduction politique active de l’anti-modernité, de Maurras à Carl Schmitt en passant par Heidegger": tous les trois, en effet, se sont compromis avec le fascisme. (On ne supposera pas que Juan Asensio veuille nier que Maurras a écrit des éloges de Mussolini et que Schmitt et Heidegger ont été membres du parti nazi.)

La polémique n’est rien, si elle n’est pas soutenue par la probité philologique. Face à la pratique de la citation tronquée, il n’est qu’une réponse: la restitution du texte.
Je remercie mon ami Emmanuel de m’ouvrir son blog pour que je puisse y publier le texte qui fait l’objet des erreurs de lecture de Juan Asensio.
Il s’agit de l’introduction d’un article paru dans un volume dirigé par Christophe Ippolito, Résistances à la modernité dans la littérature française de 1800 à nos jours, Paris, 2010. L’étude est consacrée à trois écrivains qui passent pour "anti-modernes": Chateaubriand, Maurras, Renaud Camus.
En m’appuyant sur les analyses de Jauss, de Meschonnic et de Compagnon, j’y rappelle qu’il faut distinguer trois significations de la modernité:
1/la modernité au sens défini par Baudelaire, comme un rapport au temps caractérisé par la volonté de saisir l’éternel dans le présent, ou encore de saisir "l’éternel du transitoire";
2/la modernité au sens du modernisme, comme recherche de la nouveauté et comme anti-tradition;
3/la modernité au sens des grandes philosophies de l’histoire, comme "essence" ou "logique" des temps modernes (essence ou logique qui fait l’objet d’interprétations multiples).
Ces trois significations ne sont pas convergentes; ma thèse est que seul le traditionalisme est susceptible de les unifier en une seule.
Mais cette unification échoue: la modernité au sens de Baudelaire n’est pas une "époque"; elle n’est rien d’autre qu’un aspect du rapport chrétien au temps. Ce n’est pas un hasard si, historiquement, le mot "moderne" est apparu dans l’antiquité en conséquence de la nouvelle conscience du temps induite par la rupture chrétienne. Jean-François Lyotard avait coutume de dire que le premier moderne était saint Augustin.
Ce lien du christianisme à la modernité est présent chez Chateaubriand. Il reste présent chez un catholique intransigeant tel qu’Ernest Hello. Celui-ci identifie l’art moderne au christianisme quand il écrit que «l’art moderne, s’il est vraiment moderne, (…) a pour principe et pour fin l’idée» et que «dans l’art moderne, l’idée dérange la forme. Ne pouvant être contenue par elle, elle la brise en éclatant, et la forme brisée laisse apercevoir derrière ses ruines un horizon immense.»
On voit que l’anti-modernité n’est pas univoque.


Jean-Yves Pranchère


Tragique ou futilité anti-moderne ?
Chateaubriand, Maurras, Renaud Camus


La notion de « résistances à la modernité », parce qu’elle met les résistances au pluriel et la modernité au singulier, suggère une représentation de la modernité comme un processus écrasant, comme le développement d’une logique d’ensemble si puissante qu’il ne serait possible de lui opposer aucun obstacle de taille égale, aucun contre-modèle ou contre-projet, mais seulement des résistances, inévitablement locales et dispersées, vouées à ne rien pouvoir faire de plus que ralentir ou canaliser un cours inexorable qui semble se confondre avec le cours du temps ou de ce « progrès » qui est une des versions de la « modernité ».
Peut-être faut-il « résister » à cette idée de la modernité qui écrase en une seule image des processus historiques dont l’homogénéité n’est pas garantie. L’idée de la modernité reste incertaine : à preuve la multitude des interprétations auxquelles elle a donné lieu. Car il ne revient pas au même de la définir par le progrès des Lumières (Condorcet) ou par la libération capitaliste d’une productivité sans autre but qu’elle-même (Marx) ; par l’avènement à soi de l’Esprit conscient de sa liberté (Hegel) ou par l’instauration d’un âge positif et industriel, délivré de toute métaphysique (Comte) ; par le « désenchantement du monde » et la spécialisation des sphères de la rationalité (Max Weber), ou par le triomphe de la médiocrité démocratique (Nietzsche) ; par le « projet d’autonomie » qui porte les idéaux des droits de l’homme (Habermas), ou par l’oubli de l’être et de la préséance du monde au profit de la seule subjectivité humaine qui induit « la fuite des dieux, la destruction de la terre, la grégarisation de l’homme » (Heidegger).
Le paradoxe est cependant que, en vertu des échos qui résonnent de l’une à l’autre jusque dans leurs oppositions, ces diverses grandes conceptions de la modernité renforcent l’image de la modernité comme un unique processus auquel renverraient aussi bien la mondialisation marchande que l’art non figuratif, la poésie baudelairienne, le puritanisme calviniste, la laïcisation de l’Etat, l’irruption des guerres mondiales, l’émergence de l’Etat-nation ou le développement illimité de la technique. L’idée d’une logique unitaire des temps modernes se trouve accréditée par la multitude des « grands récits » qui en rendent compte, alors même que cette multitude brouille l’image de la modernité dont les ressorts et les contours historiques s’avèrent sujets à d’infinies contestations.
Car il ne va pas de soi qu’il faille dater la modernité par le début des temps modernes : la conscience d’être moderne apparaît bien avant la Renaissance. Etienne Gilson a montré que tous les traits de « l’individu moderne » étaient déjà présents chez Héloïse et Abélard. Le mot même de moderne est un mot antique : Jauss, qui en a fait l’histoire, rappelle que modernus est un mot forgé par les chrétiens du Ve siècle, un mot solidaire de la nouvelle conscience historique introduite par le christianisme. La notion de « modernité », elle, n’apparaît qu’au XIXe siècle. Quant à l’usage qui confond parfois modernité et nouveauté, il déstabilise toute conception chronologique de la modernité en obligeant à constamment la rapprocher du présent. La Querelle des Anciens et des Modernes est une querelle du XVIIe siècle, mais il est fréquent d’entendre que la modernité littéraire ne commence qu’avec Mallarmé, Proust ou Joyce. Zeev Sternhell, dans un livre récent, identifie la modernité proprement dite aux Lumières. Péguy datait le monde moderne de l’année 1881.
Faut-il définir la modernité par la nouveauté, comme le caractère d’une époque éprise d’innovation et de progrès ? On objectera que la notion de modernité ne s’est pas formée pour désigner une époque, mais plutôt le mode d’une relation au présent, ou « une manière d’être au temps » [1]. Cette présence au présent n’impose aucune croyance au progrès ou en un cours supposé de l’histoire. La première revendication explicite de la « modernité » est due à Baudelaire, qui la définit comme la saisie de l’éternel contenu dans le présent qui passe, comme un rapport à l’éternel du transitoire [2] ; or, Baudelaire fut aussi un admirateur fervent de cet anti-moderne décidé que fut Joseph de Maistre, et un ennemi résolu de l’idéologie du progrès. La modernité n’est pas le progrès, mais l’effort pour s’attacher à ce qui, dans le présent même, échappe à la continuité homogène du temps et à son passage ; c’est pourquoi, dans la lignée de Baudelaire, des auteurs comme Henri Meschonnic ou Antoine Compagnon [3] ont dénoncé la confusion de la modernité avec le modernisme (idéologie de l’avant-gardisme, soucieuse d’anticiper le futur plutôt que de saisir l’unicité du présent) ou avec la modernisation (qui désigne l’alignement des provinces sur le dernier état des techniques, de l’industrie et des relations marchandes).
On peut juger inextricable l’écheveau que forment les différentes conceptions philosophico-historiques de la modernité comme essence ou « projet » des temps modernes, le sentiment de « modernité » inauguré par la rupture chrétienne et sa nouvelle conscience du temps, la notion esthétique de modernité héritée de Baudelaire et soumise depuis aux transformations de l’histoire de l’art. Paradoxalement, ce n’est peut-être que sous le regard anti-moderne que ces différents aspects de la modernité forment une unité homogène : pour identifier une logique des temps modernes qui serait la modernité, il faut adopter une position « traditionaliste » qui dénonce l’accélération moderne comme le mouvement d’une anti-tradition toujours plus radicale. Comprise comme la recherche de la rupture toujours plus radicale avec la tradition, comme l’« insurrection de l’homme donnant dans l’exclusif se-vouloir de sa volonté propre » [4], la modernité est le mouvement de ce « nihilisme » qui, pour des auteurs aussi différents que Joseph de Maistre, Nietzsche ou Heidegger, se confond avec la logique de l’individualisme et de l’égalitarisme démocratiques, avec le délitement des figures du sacré et de l’autorité, avec la menace d’un radical « déracinement » de l’humanité emportée loin d’elle-même par un progrès technique sans autre but que sa propre intensification.
On ne saurait nier la puissance à laquelle atteint la critique de la modernité lorsqu’elle atteint une forme aussi conséquente et radicale que celle qu’elle reçoit dans la philosophie tardive de Heidegger. Il est cependant à craindre que cette puissance ne soit conquise au prix d’une abstraction qui fait trop bon marché de la complexité réelle des processus historiques. Le désenchantement du monde (que Max Weber n’identifiait pas à l’incroyance mais au puritanisme protestant), la laïcité, le progrès des sciences, le capitalisme, le libéralisme politique et ses variantes, la démocratie et ses variantes, l’Etat de droit, la formation des nations, la mondialisation du monde : aucun de ces phénomènes historiquement enchevêtrés, mais non identiques, n’est expliqué ou compris par le renvoi à « l’individualisme » et au « mépris de la tradition » qui n’en sont que l’écume. Comprise comme le déploiement de l’individualisme ou de l’anti-tradition, la modernité ne reçoit qu’une définition négative, incapable de rendre compte des forces positives et des énergies historiques qui seules ont pu porter les négations et les ruptures « modernes ».
Le risque – d’ailleurs aperçu par Heidegger – est que la critique de la modernité ne prenne dès lors la forme d’un schéma vide, indifférent à la diversité des contextes et à l’instabilité des processus historiques. La résistance à la modernité, soucieuse d’entraver ce qu’elle perçoit comme un processus de nivellement des traditions et des individualités historiques ou nationales, s’alimenterait alors à un stéréotype dédaigneux de ce qu’elle voudrait pourtant faire reconnaître : l’irréductibilité des singularités locales ou nationales ; l’absence d’un sens de l’histoire auquel il faudrait se soumettre.
La marque du stéréotype est qu’il peut être utilisé à l’identique dans des contextes sans commune mesure. A se limiter au seul domaine francophone, qui considère les discours du refus de la modernité ne peut qu’être frappé par la permanence des thèmes à travers les deux derniers siècles. De Joseph de Maistre à Renaud Camus en passant par Baudelaire, Flaubert, Renan, Taine, Maurras et sa suite, il semble qu’un même diagnostic soit indéfiniment répété : le monde moderne est le théâtre d’une décivilisation, d’un effondrement de la culture et de l’éducation, d’une effroyable massification des esprits, d’une destruction des diversités liées aux enracinements locaux et nationaux, d’une démoralisation, à tous les sens de ce mot, dont le symptôme est la disparition, avec les loyautés anciennes, des normes du respect et du bon goût.
La répétition de ce diagnostic de déclin suscite un sentiment d’étrangeté : quelle est donc cette catastrophe continuellement reproduite à l’identique, qui fait surgir à chaque fois le passé récent comme un idéal perdu ? Quel est donc ce « passé » par rapport auquel le présent est à chaque fois en déclin ? La dénonciation du « moderne » pourrait bien n’avoir pour ressort qu’une image fictive d’un passé qui n’a jamais existé. Le discours anti-moderne s’avèrerait alors n’être qu’une dépendance de la modernité qu’il refuse, tirant par négation tout son contenu du présent.
La défense de la tradition semble imposer une défense de la sacralité du passé en même temps que des inégalités héritées, autrement dit, – pour utiliser le mot qui fond ensemble le sens du sacré, le respect des principes et la distribution inégale du pouvoir, – une défense des hiérarchies. « Modernité » est précisément le nom de la désacralisation (ou « sécularisation ») des héritages culturels et des inégalités qui leur sont associées. Ici surgit la difficulté : on peut déplorer le recul du sacré, on ne peut pas faire de sa restauration l’objet d’une politique. Prétendre restaurer politiquement le sacré, ce serait le nier dans sa sacralité même : ce serait en faire le produit d’une fabrication humaine et lui refuser l’aura du divin. En d’autres termes : parce qu’elle se fonde sur le constat de l’effondrement des hiérarchies, l’anti-modernité avoue son impuissance à y remédier. La modernité triomphe parce que les inégalités ont perdu leur prestige, que les héritages sont à l’abandon et les traditions en ruine ;  c’est donc que les ressorts d’une restauration font défaut.
Le discours antimoderne se trouve alors plongé dans le paradoxe d’être un discours à la fois intensément politique et structurellement anti-politique : un discours intensément tragique, puisqu’il décrit l’existence moderne comme un désastre qui s’étend, et structurellement futile, puisqu’il ne peut opposer à ce désastre que le ressassement d’un lamento, constamment menacé de virer à la pose esthète du dandysme. Sans doute est-ce le caractère de la plainte que d’être monocorde, ainsi que le note Chateaubriand ; sans doute encore le dandysme d’un Baudelaire est-il sans commune mesure avec les tentatives de traduction politique active de l’anti-modernité – tentatives qui, de Maurras à Carl Schmitt en passant par Heidegger, n’ont conduit qu’aux compromissions avec l’esprit et la réalité du fascisme ; mais ces compromissions ont témoigné de ce qu’il faut bien nommer une futilité politique, manifestée par la hâte à projeter des rêves d’ordre ou d’authenticité sur la réalité sinistre des violences totalitaires et des conformismes de masse.
Il ne serait pas indifférent, dès lors, que le discours anti-moderne soit si souvent un discours littéraire, un discours d’écrivains venus à la politique à partir de la littérature ; un discours qui porte en son cœur la question de la relation de la société à la langue, et du fait politique au fait littéraire.

La suite se trouve ici :
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=32686


[1] Myriam Revault d’Allonnes, « Ce que disent les modernes », in Modernité et sécularisation, CNRS Editions, Paris, 2007, p. 55.
[2] Cf. Baudelaire, Le peintre de la vie moderne, 1863, IV : La modernité. « Il cherche ce quelque chose qu’on nous permettra d’appeler la modernité ; car il ne se présente pas de meilleur mot pour exprimer l’idée en question. Il s’agit, pour lui, de dégager de la mode ce qu’elle peut contenir de poétique dans l’historique, de tirer l’éternel du transitoire. »
[3] H. Meschonnic, Modernité modernité, Verdier, Lagrasse, 1988,. A. Compagnon,  Les Cinq paradoxes de la modernité, Seuil, Paris, 1990.
[4] M. Heidegger, Nietzsche, t. II, tr. P. Klossowski, Gallimard, Paris, 1971, p. 303.
 

34 commentaires:

Marine a dit…

Mais pourquoi je ne puis partager cet article ??

Simon Melmoth a dit…

mais si, vous le pouvez !

Laurent a dit…

Merci pour ces mises au point, Jean-Yves, halte aux faussaires, sophistes et trolls !

Lorenzzzo d'H4

Anonyme a dit…

"Je rappelle que l'usage des pseudonymes n'est pas encore interdit par la loi française (Jean-Yves Pranchère le sait bien, qui en utilise un : Pierre Boyer, sans que nul n'y trouve à redire), surtout lorsqu'il s'agit, non point de m'intéresser à la vie privée des gens comme l'affirme de façon fort aventureuse notre professeur, mais pour savoir ce qui se disait sur un groupe créé et administré par Valérie Scigala (qui m'autorisa dûment à venir y lire les propos des intéressés) et dont Jean-Yves Pranchère et Emmanuel Régniez faisaient partie, groupe dont l'intitulé fort respectueux de la vérité et de ce véritable esprit critique dont Jean-Yves Pranchère se fait le héraut à bon compte, est, je le rappelle, Le groupe de ceux qui pensent que Juan Asensio déshonore la blogosphère française."

De la part de quelqu'un qui n'a jamais cessé de révéler les pseudonymes des uns et des autres, et cela contre leur volonté, c'est limite schizo (pourquoi "limite" ?)
Quelle confusion dans l'expression et la pensée (on a l'habitude, me diriez-vous)quand il prétend que Valérie Scigala l'aurait "autorisé dûment" à venir lire ce qui se disait dans ce fameux groupe qu'elle avait créé (on ne la remerciera jamais assez ;), merci)et qui avait ébranlé sa maladive susceptibilité - alors que si elle a en effet autorisé des gens à s'inscrire à ce dit groupe, ce n'est évidemment pas à lui, en tous cas pas sous le nom de Juan Asensio, mais éventuellement aux pseudonymes secrets que celui-ci usait en cachette (car lui, il se cachait vraiment sous ses pseudos, contrairement à Melmoth, Boyer ou les autres!) Et le type opère sans crier gare ce glissement de sens totalement abusif, hypocrite, et fou, sans se rendre compte qu'il donne de l'eau à au moulin de ceux qui veulent le noyer sous ses mensonges, au moins lui laver les dents avec du savon. Quelle misère, vraiment !
Et puis, franchement, quand on sait que la nombre d'entre nous ont eu deux heures, deux jours ou deux mois un Jules Soerwein, un Pierre Seintisse et même une Héléna Ribiéri en "amitié Facebook" (celle-ci n'ayant jamais fait illusion trop longtemps - le soutien-gorge et la voix de fausset n'allant pas si bien que ça au Basque), tous venus au moins une fois tenter de nous tirer les vers du nez sur telle ou telle relation que nous avions avec autrui, on se dit qu'après LE RAPPEL A LA LOI de juin 2010 que ce pauvre hère a déjà essuyé, tout cela risque de lui faire un peu beaucoup le six octobre.

Pétula Clark

Hercule Poirot a dit…

Pour quelqu'un qui méprise les pseudonymes, il s'y était pourtant mis tôt : voir Je ne suis pas JA.

Séraphin Lampion a dit…

Sans rapport avec le cœur du billet (vous avez compris qu'il faut vous procurer la "Revue des deux mondes" qui vient de paraître), un complément sur l'usage des pseudonymes : voici une des techniques utilisée par les taupes sur FB.

Un inconnu vous demande en "ami", et comme ses centres d'intérêt vous paraissent proches des vôtres, ou qu'il "partage" des amis avec vous, vous l'acceptez. Il accède alors à l'ensemble des messages que vous publiez sur votre mur même si votre profil est très verrouillé.
Puis il désactive son compte FB, qui devient dès lors invisible, comme détruit (mais il n'est pas détruit: il suffit d'indiquer à FB qu'on veut récupérer son compte pour pouvoir le rouvrir, exactement dans l'état où on l'a laissé).

La taupe réactive son ou ses profils quelques minutes de temps en temps pour venir espionner les dialogues et activités des personnes qu'elle surveille. Entretemps, comme elle est la plupart du temps hors ligne, les personnes ont oublié qu'elles l'ont en ami. Il est très difficile de se débarrasser de la taupe, car il faut être en ligne au moment où elle réactive son compte et profiter de ces quelques instants pour la "supprimer de ses amis".

Taupe la plus célèbre à ce jour : Seintisse Pierre (avec usurpation du nom de Ludivine Cissé en adresse mail).

Anonyme a dit…

Je préfère avoir tort avec Juan Asensio que raison avec J-Y Pranchère.
Pourquoi ? D'abord par intuition et ensuite un fait irréfutable: accoler le nom de Chateaubriand ou de Maurras à celui de Renaud Camus est une telle erreur de jugement qu'il doit s'agir d'erreur de jugement chronique. Alors, je rectifie: je préfère avoir raison avec Juan Asensio que raison avec vous.
Je parie que je serai censurée. Pourtant, qu'y a -t-il d'abusif dans une opinion ?

Simon Melmoth a dit…

Je ne vois pas la raison de censurer vos propos, en effet : si ce n'est la non signature de ceux-ci : ce dont je m'étonne, pour quelqu'un qui prend la défense de M. Juan Asensio, qui dénonça, jadis, l'anonymat des commentateurs de blogs.
Et je ne vois pas où est l'erreur chronique, dont vous parlez ! peut être pourriez-vous argumenter vos propos, cela serait bien.
Et, personnellement, je me méfie des faits irréfutables...
bien à vous
Emmanuel Régniez

Jean-Yves Pranchère a dit…

Pétula Clark et Hercule Poirot: merci de rappeler des faits notoires. Concernant l’usage des pseudonymes, la réponse de Juan Asensio est tout simplement fausse, et, pour le coup, s’il est question de «faits irréfutables», il serait facile de le prouver.
Mais laissons cela pour le point, plus intéressant, que soulève la personne anonyme qui craignait d’être censurée. Il va de soi qu’on ne peut répondre à une «intuition» qui décide sans avoir lu, mais je voudrais revenir sur l’association de ces trois noms: Chateaubriand, Maurras, Renaud Camus.
Il n’y a aucun sens à dire qu’accoler trois noms est une «erreur de jugement chronique», mais il pourrait y avoir un sens à dire qu’il y a là une discordance — le plus choquant étant la présence de Maurras, qui est vraiment bien peu de choses en comparaison de Chateaubriand. (Au passage, qu’il soit bien clair que mes vives réserves à l’égard de la «politique» de Renaud Camus ne m’empêchent pas d’avoir une vraie admiration pour l’auteur de Vaisseaux brûlés.)
Chateaubriand, Maurras, Renaud Camus: l’effet de discordance est voulu.
Car Renaud Camus ne cesse de récuser la référence à Maurras; tandis que Maurras a écrit contre Chateaubriand des pages d’une virulence presque insensée.
Pourquoi les associer? Pour leur discordance, et parce qu’on peut cependant être tenté de voir en chacun d’eux, en trois moments historiques différents, des figures de ce qu’Antoine Compagnon nomme «l’antimodernité».
On sait que Compagnon définit les «antimodernes», dont le type est fourni par Baudelaire, comme des «modernes malgré eux»: l’antimodernité, comme modernité divisée et critique d’elle-même, n’est pas la réaction (qui n’a rien de moderne); elle ne se confond pas non plus avec cet autre mélange de modernité et de refus du moderne que Compagnon nomme le «modernisme réactionnaire», qui est selon lui la définition du fascisme — lequel est l’ombre et la mauvaise tentation de l’antimodernité. Les antimodernes ne sont ni des réactionnaires, ni des modernistes réactionnaires; mais ils sont constamment menacés de devenir l’un ou l’autre.
Le livre de Compagnon s’intitule «Les Antimodernes de Joseph de Maistre à Roland Barthes».
Mais Joseph de Maistre présente des côtés purement réactionnaires; et Roland Barthes n’est peut-être pas si antimoderne que ça. Chateaubriand, en revanche, est typiquement un «antimoderne» au sens de Compagnon; et Renaud Camus, héritier de Barthes, est beaucoup plus antimoderne que son maître. «De Chateaubriand à Renaud Camus», donc, plutôt que de Maistre à Barthes. Ajoutons que Renaud Camus se réclame de Chateaubriand: tous deux pratiquent l’écriture palimpseste.
Le livre dans lequel Maurras attaque Chateaubriand s’intitule: «Trois Idées politiques.» Plus exactement: «Trois Idées politiques. Chateaubriand, Michelet, Sainte-Beuve». Pourquoi pas, en écho, «Trois idées antimodernes: Chateaubriand, Maurras, Renaud Camus»? Il y aurait là une occasion d’interroger le lien du politique à la littérature chez les antimodernes; et d’interroger la pertinence de la notion, en elle-même problématique, d’antimodernité.

Anonyme a dit…

M. Pranchère, vous me la copierez 100 fois !

Anonyme qui préfère rire avec Juan Asensio que de moisir sur vos étagères. Ou de finir au pilon avec vos morceaux choisis.

Censure !

Anonyme a dit…

S’il y a un pitre qui ne rit pas, c'est bien M. Asensio.

PC

Simon Melmoth a dit…

Je ne comprends pas ce que vous cherchez ? vous faire censurer ? dans ce cas, n'écrivez rien ! que je m'énerve ? n'y comptez pas !
Riez avec M. Juan Asensio, ce n'est pas moi, ni aucunes des personnes nommées qui vous en blâmerons ! car vous n'avez toujours pas compris, ou accepté, que le fond du problème et du conflit, n'était pas d'ordre littéraire ou idéologique... mais lié à certaines pratiques... et ceci, ce sera aux tribunaux d'en juger, et je n'ai pas de raison d'en parler plus qu'il ne faut ici.

Ce que je regrette, c'est qu'il n'y ait aucun débat : Jean-Yves Pranchère avance une argumentation, des idées, et votre seule réponse est l'ironie... alors, restons en là ! je crois...

montalte a dit…

Bien que partageant entièrement l'avis d'Anonyme qui a dit que JA était un pitre qui ne riait pas (un pitre châtié ?), je ne suis pas l'auteur du commentaire signé "PC".
Quant à espérer une "réponse" de la part de JA ou de ses amis à l'argumentation de Jean-Yves Pranchère (je veux dire Pierre Boyer), je suis plutôt pessimiste là-dessus. J'ai perdu des années à attendre quelque chose de substantiel et de vivant de ces gens-là. Et j'ai fini par renoncer - ce qui est mal, je vous l'accorde.

Pierre Cormary (je veux dire Pierre-Antoine Rey)

Jean-Yves Pranchère a dit…

On peut renvoyer ici à un grand classique de Schopenhauer qu'il serait dommage de laisser moisir sur nos étagères:
http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Art_d%E2%80%99avoir_toujours_raison
et en particulier à son dernier chapitre:
http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Art_d%E2%80%99avoir_toujours_raison/Ultime_stratag%C3%A8me

Anonyme a dit…

Chers amis,

Je comprends tout à fait vos arguments. Et votre désarroi. Mais comment vous dire ? Comment vous expliquer ? Il est des façon d'écrire "antipathique". Et vous la posséder en plein.
Des erreurs de jugements chroniques ? A commencer par cette affaire et en la poursuivant avec acrimonie. Jusqu'à ce "livre".
Pour finir, ce sentiment: au dernier jour de la fin du monde, M. Pranchère sera encore à sucer son crayon pour peaufiner son article sur R. Camus, avec les références qui vont avec. Et à pourpenser sur J. Asensio.

Pas encore de censure ?

Simon Melmoth a dit…

Non, pas de censure : mais j'avoue que je ne comprends rien à ce que vous écrivez !
bien à vous,

Schopenhauer a dit…

Lorsque l’on se rend compte que l’adversaire nous est supérieur et nous ôte toute raison, il faut alors devenir personnel, insultant, malpoli. Cela consiste à passer du sujet de la dispute (que l’on a perdue), au débateur lui-même en attaquant sa personne: on pourrait appeler ça un argumentum ad personam pour le distinguer de l’argumentum ad hominem, ce dernier passant de la discussion objective du sujet à l’attaque de l’adversaire en le confrontant à ses admissions ou à ses paroles par rapport à ce sujet. En devenant personnel, on abandonne le sujet lui-même pour attaquer la personne elle-même: on devient insultant, malveillant, injurieux, vulgaire. C’est un appel des forces de l’intelligence dirigée à celles du corps, ou à l’animalisme. C’est une stratégie très appréciée car tout le monde peut l’appliquer, et elle est donc particulièrement utilisée.

Jean-Yves Pranchère a dit…

Puisqu’il est probable qu’il n’y aura pas de débat sur le fond et que ni Juan Asensio ni ses défenseurs ne sont intéressés à la question des différentes significations de la modernité ou des différences entre antimodernité, réaction et modernisme réactionnaire, qu’on me permette une dernière mise au point.

J’ai décidé de réagir publiquement au billet de Juan Asensio, non par «désarroi» — au contraire, ses contresens et sa syntaxe confuse m’ont fait beaucoup rire —, et pas non plus parce que je pense que son billet mériterait une «réponse». On ne peut répondre qu’à des arguments; il n’y a rien à répondre à un amas d’injures vagues et de fautes de français.
L’absurdité de son billet est d’ailleurs palpable: si vraiment Juan Asensio pensait, comme il l’écrit, que mon texte est insignifiant, il ne lui aurait pas consacré tant de pages.
S’il lui a consacré une longue note, c’est ou bien que ses motifs sont d’ordre privé, ou bien qu’il ne le juge pas du tout insignifiant. C’est sans doute les deux à la fois.

Le motif de ma propre intervention est simple: puisque Juan Asensio m’attribue des propos que je n’ai pas tenus, puisqu’il tronque les citations et falsifie mon propos, je publie mon texte — et encore une fois je remercie Emmanuel de me l’avoir permis — afin que ceux qui sont intéressés à la chose puissent comparer la réalité de l’article avec le salmigondis sous lequel Juan Asensio tente de le recouvrir.
Pour ce qui me concerne, le débat s’arrête là: ceux qui savent lire se formeront un jugement; quant à ceux qui ne savent ou ne veulent pas lire, on ne les changera pas.

Par ailleurs, je crois devoir intervenir lorsque Juan Asensio diffuse des informations inexactes ou incomplètes autour d’une affaire dont il semble oublier, dans sa dernière mise à jour, qu’elle lui a valu un rappel à la loi.
Les faits sont têtus, répète Juan Asensio; mais les faits, pour le moment, sont que le Parquet, à la suite d’une enquête, a décidé de le poursuivre.

Concernant les pseudonymes, Juan Asensio prétend sur son site n’en avoir utilisé que pour pouvoir entrer sur un forum fermé, fondé par Valérie Scigala à l’intention d’une dizaine d’amis qui avaient en commun le souci de se protéger contre les agressions verbales et les intrusions de Juan Asensio dont il avaient été victimes ou témoins directs.
Il est vrai que Juan Asensio a utilisé une fausse identité afin d’obtenir de Valérie Scigala l’accès à ces échanges privés, protégés par le secret des correspondances, dont la violation par fraude et la divulgation sont un délit très sévèrement réprimé par le Code pénal.
Il est faux que Juan Asensio ait utilisé des pseudonymes avec moi dans ce même but. Ça n’a jamais été le cas.

La première fois que Juan Asensio a utilisé avec moi un pseudonyme dans une intention malveillante, le groupe de Valérie Scigala n’existait pas encore. (C’est précisément mon indignation devant cette pratique pseudonymique qui m’a conduit à intégrer le groupe de Valérie Scigala.)
La dernière (?) fois que Juan Asensio m’a approché sous une fausse identité, le groupe de Valérie Scigala n’existait plus depuis plusieurs mois.
La chronologie aussi est têtue.

La littérature a dit…

Pourriez-vous s'il vous plaît demander à l'apprenti croque-mort qu'il arrête d'essayer de me disséquer, car je suis bien vivante !

Anonyme a dit…

Chers amis,

C'est vrai, vous ne censurez pas: c'est que je vous avais mesuré à l'aune de M. Cormary. J'apprends à vous distinguer.
Il est dit que vous avancez dans la vie vos livres de référence brandis devant vous comme autrefois la Bible pour les Cinglés de l'Inquisition.
Brûlerez-vous Juan Asensio ? Moi ?
Enfin, puisque pour se faire comprendre de vous, il faut parler votre langue de la Sorbonne, à l'époque d'Humain, trop humain, dans les Fragments posthumes (III, vol 1, p 441), Nietzsche écrit: "Schopenhauer a tort lorsqu'il dit: Tout le monde est capable de raisonner, fort peu de gens de juger." Lequel de ces deux philosophes fait preuve ici d'un bon jugement ?
Je suis d'accord avec vous, M. Pranchère: votre livre ne méritait pas une critique dans Stalker. Mais Stalker est un blog polémique, non ?

Anonyme a dit…

Si ! vous censurez. Comme tout le monde, finalement. Vous êtes aussi frileux que les autres dans cet étrange attelage: un âne, une mule, un cheval de course et un bœuf. je ne chercherai plus à vous distinguer.
Dommage. Car le débat sur le jugement est bien plus intéressant que le moderne ou l'anti-moderne, qui est toujours le même homme sans charme. Il y a des hommes comme des livres qui vous tombent des mains.

Anonyme a dit…

Et Diafoirus de répondre:
"Pour une vivante, vous êtes bien mal en point. Mais vous censurez ? ", et Trissotin d'ajouter "Voici mon opinel avec lequel j'écris, il opérera tout aussi bien !"...
Et la Littérature de regretter les bras et les fous rires de Juan Asensio.
Y retournera-t-elle ?
Suite au prochain numéro !

Anonyme a dit…

Cher censeur, pourquoi ne pas lui dire de vive voix, vous même ? Vous avez le trouillomètre à zéro ?
Bye.

Simon Melmoth a dit…

Bonsoir, il n'y a aucune censure : juste que je ne passe pas ma vie devant un ordinateur ! et c'est modéré ! mais, vraiment, je ne comprends rien à ce que vous racontez, ni dans quelles circonvolutions bous désirez m'amener, nous amener...
Brûler des livres ? Brûler même quelqu'un pour ses idées ? qui en a parlé ici, et même avant ! jamais, oh grand jamais : vous confondez tout, ou voulez tout confondre : je suis pour un débat, mais un vrai débat, sans insultes, par exemple, sans menaces ; un débat d'idées, avec des idées, et pas des poings brandis en guise d'arguments !
bien à vous,

Emmanuel Régniez

Simon Melmoth a dit…

Si je comprends bien la citation de Nietzsche : on la comprend aussi ainsi : tout le monde est capable de juger (d'avoir son avis, sur les choses et le monde comme il va, ou pas) mais pas de raisonner... c'est bien ce que je vous reproche depuis le début en quelque sorte ! vous avancez des jugements, et aucun argument ; et comme je ne vais pas assez vite pour mettre en ligne vos emportements, vous criez à la censure ! franchement, soyons raisonnables, ou plutôt, soyez-le ! avancez vos arguments, votre raisonnement, et cessez de jouer les victimes, surtout quand vous ne l'êtes pas !
Quant au débat sur le jugement, que vous appelez de vos voeux, je le trouve moi totalement inintéressant, voire stérile, mais j'imagine que vous avez une plateforme pour le tenir ! si vous n'en avez pas, ouvrir un blog, prend 5 mn, n'hésitez pas !

cordialement,
Emmanuel Régniez

Scapin (de Molière) a dit…

Eh ben, à voir la nullité des interventions des défenseurs du Stalker, il faut croire que la lecture des charabias de leur maître leur a ramolli le cerveau! Asensio est le pire des censeurs, et eux ils dénoncent la censure! Asensio se vante d'avoir un blog érudit, et eux ils attaquent l'érudition! Quelle bouffonnerie!

Anonyme a dit…

Cher ami,
Oui. J'avoue. Je me suis un peu moquée de vous. Je n'y ai aucun mérite: ce n'était pas difficile. Avouez aussi, avec Démocrite, qu'il y a de quoi rire !
Quant à Nietsche, je ne pense pas, dans la phrase que j'ai citée, qu'il fasse preuve d'un bon jugement, comme la plupart des philosophes, d'ailleurs...
Tout le monde, en général, est capable d'un raisonnement simple. De dire n'importe quoi, et même de parler à tort et à travers (Cf "Molière" ci-dessus !). Nous sommes d'accord tous les deux, jusqu'ici, n'est-ce pas ?
Mais est-ce juger ? Qui peut juger sainement de la catastrophe de Fukushima sans radoter les opinions des uns et des autres volées ici et là ?
Peut-on juger un homme en situation et en laissant de côté les lois, les principes, l'esprit de corps ou de groupe, et... la leçon de morale, et ... sans excès de conviction ?
Fort peu de gens en sont capables. Non ?

Bon dimanche.

Jean-Yves Pranchère a dit…

Tandis que la véritable censure s'occupait ce week-end, afin de me priver de mon droit de réponse à un billet dont les intentions sont diffamatoires, à faire déréférencer ma réponse des moteurs de recherche, Juan Asensio donnait sur son site une illustration des phrases de Schopenhauer citées plus haut, en se livrant à un inadmissible déchaînement contre Pierre Cormary, à qui il ne pardonne pas d'être un véritable critique littéraire.
On pourra lire ici http://pierrecormary.hautetfort.com/archive/2011/04/10/les-fantasmes-obsessionnels-de-juan-asensio-selon-juan-asens.html ce déchaînement, qui n'hésite pas même à recourir au lexique sinistre de l'accusation de "dégénérescence". Je tiens à ce que Pierre Cormary soit assuré de ma solidarité et de mon amitié.

Simon Melmoth a dit…

Que Pierre Cormary soit aussi assuré de ma solidarité et de mon amitié,

Emmanuel Régniez

Ludovic Maubreuil a dit…

"...à qui il ne pardonne pas d'être un véritable critique littéraire."

Bien sûr, tout est là. Et je souhaite que Pierre prenne cet assaut grotesque, cette logorrhée vulgaire et en bien des points délirante, pour ce qu'ils sont en réalité : les manifestations pathologiques d'une jalousie hors du commun.

Anne-Angélique Meuleman-Zémour a dit…

Nouvelle note 12

En quoi une restauration devrait-elle s'apparenter à une défense ? En rien car la restauration sort du champs politique qui l'enferme dans des revendications vaines, et n'est que préservation. La préservation de la tradition induit la préservation de la sacralité et donc celle la hiérarchie. L'anti-modernité s'inscrit dans cette démarche non pas politiquement mais bel et bien dans un axe esthétique qui est le fondement même de toute sacralité. Le politique défend des causes, des idées, des inégalités, des injustices, démocratise ; l'esthétique restaure, sublime, préserve les héritages culturels, les traditions sacrées, la hiérarchie. La modernité politise quand l'anti-modernité esthétise. La modernité est temporelle quand l'anti-modernité est atemporelle. Il n'y a pas d'aveu d'impuissance de l'anti-modernité à remédier à l'effondrement des hiérarchies entendues comme un système sociétal, mais plutôt la capacité de s'affirmer dans son respect de la hiérarchie - comprise comme l'union de l'immanence et de la transcendance -, du sacré et de la culture, indépendamment de la modernité - qui ne triomphe de rien, l'humain n'étant en rien le sacré.
Écrire que "les tentatives de traduction politique active de l'anti-modernité" "n'ont conduit qu'aux compromissions avec l'esprit et la réalité du fascisme", est très réducteur. Je vous laisse découvrir par vous-même la tentative de Mishima Yukio qui ne s'apparentait en rien à l'esprit et à la réalité du fascisme.

Jean-Yves Pranchère a dit…

Anne-Angélique Meuleman-Zémour: merci, tout d'abord, pour cette intervention qui relève en effet d'une véritable discussion. Il est dommage qu'elle vienne après ce qui s'est passé ces derniers jours, et qui donne au débat un arrière-plan qui le rend impossible. Peut-on débattre à l’ombre de l’insulte? Pour ma part, je ne le souhaite pas.

Mais comme j’apprécie l’apaisement de votre commentaire, je tenterai de lui de donner un écho problématique. Vous me pardonnerez de paraître pédant en citant de grands auteurs: je les cite pour leur grandeur, parce qu’ils indiquent mieux que quiconque les lieux où nous avons à creuser. Je laisse Mishima de côté: il faudrait prendre en garde le contexte japonais.

Vous écrivez que «l’axe esthétique est le fondement même de toute sacralité». Il me semble étrange de lier l’ancienneté du sacré à une notion aussi récente que celle d’esthétique (XVIIIe siècle). Dans plusieurs textes, en particulier dans le premier tome de son Nietzsche, Heidegger a soutenu que l’esthétique était solidaire, tout comme la (notion de) «culture», de la désacralisation moderne. (Ah, pour parer une objection facile: ce n’est pas parce que j’écris que Heidegger s’est compromis avec le fascisme que je pense qu’il n’a rien à nous dire.) L’esthétique, dit-il, est contemporaine de la «décadence du grand art»; l’esthétique naît de la disparition du sacré. (Il dit cela après l'échec du rectorat.)
Cela pourrait aider à comprendre que la nostalgie esthétique du sacré — contradiction dans les termes —, transformée en politique active, soit une chose redoutable.
Walter Benjamin définissait le fascisme par l’esthétisation du politique». Cette définition a sa force.

Jean-Yves Pranchère a dit…

Vous liez l'anti-modernité à la sacralité, à l’atemporalité, à la culture et à l’esthétique. Accepterez-vous de dire alors que le christianisme ne relève pas du système de coordonnées que vous décrivez? Car il n’est pas atemporel: il est au contraire, dans l’attente eschatologique, la présence la plus intense qui soit à l’imminence du temps.
De même pour le judaïsme: récuserez-vous les analyses de Lévinas, qui soutient que le judaïsme s’oppose à toute sacralisation d’autre chose que Dieu? On sait que Lévinas apercevait une solidarité entre l’esprit du judaïsme et le progrès technique: «Il n’est pas sûr, écrivait-il, que le national-socialisme provienne de la réification mécaniste des hommes et qu’il ne repose pas sur un enracinement paysan et une adoration féodale des hommes asservis pour les maîtres et seigneurs qui les commandent». Puisque nous sommes aujourd’hui le jour anniversaire du vol de Gagarine, souvenons-nous du texte de Lévinas intitulé «Heidegger, Gagarine et nous». Dans le cadre d’un éloge, contre Heidegger, de la vertu émancipatrice de la technique moderne, Lévinas soulignait la force désacralisatrice du judaïsme:
«Le judaïsme n’a pas sublimé les idoles, il a exigé leur destruction. Comme la technique, il a démystifié l’univers. Il a désensorcelé la Nature. Il heurte par son universalité abstraite imaginations et passions. Mais il a découvert l’homme dans la nudité de son visage.»
Et il ajoutait :
«Le sacré filtrant à travers le monde – le judaïsme n’est peut-être que la négation de cela. Détruire les bosquets sacrés – nous comprenons maintenant la pureté de ce prétendu vandalisme. Le mystère des choses est la source de toute cruauté à l’égard des hommes.»
Ce ne sont pas là des réponses à vos remarques. Ce sont des questions adressées à nous tous.
Je vous lirai de nouveau, si vous souhaitez intervenir de nouveau, avec intérêt; mais vous me permettrez de ne pas vous répondre et de vous laisser le dernier mot.

Je remercie une dernière fois Emmanuel de m’avoir ouvert exceptionnellement son blog. En me retirant, je souhaite que ce blog redevienne le blog de Simon Melmoth, et qu’il reprenne ce cours d’exploration des espaces intimes et littéraires qui en fait le prix.

Bien à vous

Anne-Angélique Meuleman-Zémour a dit…

Même si les notions d'esthétique et d'art sont des inventions récentes, la philosophie n'a pas attendu le XVIIIè siècle pour se préoccuper du beau que ce soit dans une approche artistique, métaphysique ou naturelle. Au reste, la notion de sacré dans son acceptation épistémologique est elle aussi récente puisque développée essentiellement par la branche culturelle de l'anthropologie contemporaine. Cela n'empêche pas le sacré d'exister depuis plus longtemps que son étude.
En cherchant dans mes propres ouvrages de référence suite à la problématique de vous soulevez concernant Heidegger, il apparaît qu'un renvoi à "L'origine de l'oeuvre d'art" serait plus pertinent et plus complet puisque révélant notamment le silence de son auteur quant au statut et à la valeur de l'art chrétien.
Si j'écris que l'axe esthétique est le fondement de toute sacralité, c'est que je me réfère essentiellement à la notion kantienne du sublime ainsi qu'au déploiement de la pensée baroque.
Je m'abstiens ici de vous faire un cours d'esthétique car je n'en ai pas les moyens - ces pensées ne sont que les fruits de mon cheminement à travers mes réflexions personnelles et mes découvertes de grands auteurs.

Le christianisme n'appartient probablement pas à l'anti-modernité selon votre conception de l'attente eschatologique. Peut-être effectivement vous contentez-vous de la définir comme étant l'attente des fins dernières de l'homme, alors que j'y vois la recherche d'un au-delà de l'histoire - le temps étant considéré comme une continuité - donc d'une atemporalité. Puis-je dire dès lors que le christianisme soit anti-moderne dans son acceptation esthétique et moderne dans sa démarche politique ? Pourquoi pas.

Bien à vous.