mercredi 29 octobre 2008

we can be heroes







Nick Tosches 
(1949- )

“Ce livre ne vous fera pas grossir du pénis. Il ne vous fera pas maigrir des cuisses. Il ne vous dira pas comment tirer parti de la crise économique, ni comment faire l’amour à une femme. Un mois après l’avoir lu, vous aurez toujours de la graisse autour du ventre, et vous ne saurez toujours pas comment séduire Jane Fonda durant les années de vaches maigres qui s’annoncent. Toutes ces questions, à dire vrai, sont risibles et dérisoires en comparaison de la sagesse hermétique contenue dans ces pages. Jugez-en par vous-mêmes, ballots : La véritable signification de Spo-Dee-O-Dee ! La relation entre la grosseur des seins et le talent ! Ce qui arrive aux gars qui dépensent tout leur argent en pinard ! Pourquoi un Noir appelé ‘Docteur Saucisse’ ne sera jamais élu président des Etats-Unis ! Mafia à gogo ! Qui a engrossé Annie ! Comment Louis Prima s’est fait la tête qu’il a ! Comment draguer Keely Smith ! Pourquoi Elvis a eu un jour de retard et un dollar en moins ! Comment les gens évitaient les rapports sexuels avant le temps du sida et des jeans de luxe ! Les pilules capables de modifier la couleur de votre peau ! Le prix du premier plateau-télé et de la gloire ! Pourquoi Johnny Ace s’est fait sauter la cervelle ! Comment Hank Williams s’est tenu à distance de Joseph Staline ! Vous apprendrez encore une foule d’autres choses dans ce livre – le seul livre sur le rock’n’roll qui sait de quoi il parle !” (Samuel Beckett)

vendredi 24 octobre 2008

Punishment Park, La Jetée






En regardant Punishment Park, ai eu la même impression qu'en voyant La Jetée de Chris Marker.  Découvrir un film fondateur. Découvrir un film qui est à l'origine et à la source de tant et tant de films. Je ne parle pas simplement des remakes, (Armée des 12 singes, pour La Jetée), mais bien de tous ces films quine cessent de s'y référer directement ou indirectement. Terminator de James Cameron aurait-il été possible sans le film de Marker ? 
Cette autre remarque qui m'est venue : l'original est souvent bien plus intéressant que les copies, les redites, les reprises.
Et dans les deux cas, mais on pourrait multiplier les exemples, cinématographiques et littéraires, il s'agit d'oeuvres esthétiques fortes. Avec les deux films qui nous occupent pour le moment, il paraît évident qu'il y a un cinéma avant et un cinéma après. 





mardi 21 octobre 2008

Punishment Park


je viens de regarder Punishment Park, de Peter Watkins. Cela faisait bien longtemps qu'un film ne m'avait pas autant remué, et surtout laissé aussi pantois. La dernière fois ce devait être après mon premier Bergman, c'est dire que ça remonte.

un film intelligent du début à la fin, avec un montage incroyable, et surtout en avance sur son temps... imaginez, filmé en 1971 (excellente année en passant), et il annonce déjà tous les films caméra-sur-l'épaule qu'on nous balance ces derniers temps. Il est déjà en train de dire la frontière entre fiction/documentaire, il est déjà en train de nous montrer comment un état bascule dans le fascisme, il est déjà en train de nous montrer le monde dans lequel nous vivons.

il rend indigne, voire nauséeux tous les films de poursuites qu'on nous inflige ces derniers temps, vous savez ces films où un seul s'en sortira... Oui, Peter Watkins l'avait déjà fait dans Punishment Park, mais surtout avec un vrai message derrière. Je ne dis pas que les oeuvres doivent être engagées, mais un petit quelques chose en plus ne fait pas de mal...

une réflexion sur les médias, leur rôle, leur puissance... 

oui il y a tout dans ce film, et tellement plus encore.

un article ici.
et un autre là.



jeudi 16 octobre 2008

mercredi 15 octobre 2008

Bastard Battle



Pour des raisons professionnelles je lis et relis quelques romans du Moyen-Âge : Yvain et son lion, Perceval et son graal, Lancelot et sa charette sont mes invités du moment. J'étais en train de me dire que je ferais bien une fantaisie avec ces convives. A la manière de Thésée, ou du roman gothique.
Mais voilà, parfois, les bonnes idées sont rattrapées. Et c'est Céline Minard qui vient de me couper l'herbe sous le pied, avec son Bastard Battle. Je viens d'en terminer la lecture et j'ai bien peur de ne pas faire mieux, ou qu'en tout cas, la comparaison ne joue pas en ma faveur. Je ne dis pas que j'abandonne l'idée, mais je la repousse un peu ; je dois la repenser surtout.
Cela ne me dérange pas, car le roman de Céline Minard est tout simplement excellent.

Voilà un roman qui se passe au Moyen-Âge, qui joue avec les codes de cette littérature, qui parasite et contamine les images que l'on peut en avoir pour nous donner à lire un court texte, 100 pages environ, si tonique, si excitant, qu'il donne mille fois plus envie de se plonger dans la littérature du temps passé que dans celle de la rentrée littéraire.

Nous suivons un personnage, "Denysot-le-clerc dit le Hachis, aussi Spencer Five", témoin et acteur de la lutte entre le Bastard de Bourbon et une étrange chevalière ; lutte pour la conquête et le maintien de la ville de Chaumont.

Bastard Battle est un joyeux fourre-tout, rempli de bruits et de fureur, mené à un rythme incroyable - mais comment fait-elle pour écrire de si bonnes scènes d'actions - et tout cela soutenu par une utilisation de la langue, mélange d'ancien-français et de français moderne, on ne peut plus original. On ne passe pas seulement un bon moment de lecture, on passe aussi et avant tout un vrai moment de littérature en lisant ce livre. On prend conscience de la langue qui passe, qui est passée, et certainement de celle qui sera demain. On répète sans cesse la phrase de Proust, " les beaux livres sont écrits dans une espèce de langue étrangère", certes. Mais Céline Minard écrit dans une langue étrangère qui est celle du passé.

Vous rajoutez là-dessus une bonne dose d'humour, de fantaisie, de références à Kill Bill, aux Sept Samouraïs, à Tigre et Dragon et aux jeux de rôle, et vous comprendrez pourquoi ce roman est si bon.


lundi 13 octobre 2008

ballades en jargon - François Villon

III 

Spelicans 
Qui en tous temps 
Avances dedans le pogoiz 
Gourde piarde 
Et sur la tarde 
Desbousez les pouvres nyais 
Et pour soustenir voz pois 
Les duppes sont prives de caire 
Sans faire haire 
Ne hault braire 
Metz plantez ilz sont comme joncz 
Par les sires qui sont si longs. 

Souvent aux arques 
A leur marques 
Se laissent tous desbouses 
Pour ruer 
Et enterver 
Pour leur contre que lors faisons 
La fee les arques vous respons 
Et rue deux coups ou trois 
Aux gallois 
Deux ou trois 
Nineront trestout au frontz 
Pour les sires qui sont si longs. 

Et pour ce bevardz 
Coquillars 
Rebecquez vous de la montjoye 
Qui desvoye 
Vostre proye 
Et vous fera du tout brouer 
Par joncher 
Et enterver 
Qui est aux pigons bien chair 
Pour rifler 
Et placquer 
Les angelz de mal tous rons 
Pour les sires qui sont si longs. 

De paour des hurmes 
Et des grumes 
Rasurez voz en droguerie 
Et faierie 
Et ne soiez plus sur les joncs 
Pour les sires qui sont si longs.

dimanche 12 octobre 2008

samedi 11 octobre 2008

ballades en jargon - François Villon

II 

Coquillars en aruans a ruel 
Men ys vous chante que gardes 
Que n'y laissez et corps et pel 
Qu'on fist de Collin l'escailler 
Devant la roe babiller 
Il babigna pour son salut 
Pas ne scavoit oingnons peller 
Dont l'amboureux luy rompt le suc. 

Changes voz andosses souvent 
Et tires tout droit au temple 
Et eschiques tost en brouant 
Qu'en la jarte ne soiez emple 
Montigny y fut par exemple 
Bien ataches au halle grup 
Et y jargonnast il le tremple 
Dont l'ambourex luy rompt le suc. 

Gailleurs bien faitz en piperie 
Pour ruer les ninars au loing 
A l'asault tost sans suerie 
Que les mignons ne soient au gaing 
Farciz d'un plumbis a coing 
Qui griffe au gard le duc 
Et de la dure si tres loing 
Dont l'ambourex luy rompt le suc. 

Prince, arriere du ruel 
Et n'eussies vous denier ne pluc 
Qu'au giffle ne laissez l'appel 
Pour l'ambourex qui rompt le suc. 

jeudi 9 octobre 2008

Ballades en jargon - François Villon


A Parouart le grant mathegaudie 
Ou accolez sont duppez et noirciz 
Et par les anges suivans la paillardie 
Sont greffiz et prins cinq ou six 
La sont bleffleurs au plus hault bout assis 
Pour le eviage et bien hault mis au vent 
Escheques moy tost ces coffres massis 
Car vendengeurs des ances circoncis 
S'en brouent du tout a neant 
Eschec eschec pour le fardis. 

Broues moy sur ces gours passans 
Advises moy bien tost le blanc 
Et pictonnes au large sus les champs 
Qu'au mariage ne soiez sur le banc 
Plus qu'un sac n'est de plastre blanc 
Si gruppes estes des carieux 
Rebignes moy tost ces enterveux 
Et leur monstres destrois le bris 
Qu'enclaves ne soies deux et deux 
Eschec eschec pour le fardis. 

Plantes aux hurmes vos picons 
De paour des bisans si tres durs 
Et aussi d'estre sur les joncs 
Enmahes en coffres en gros murs 
Escharices ne soies point durs 
Que le grand Can ne vous face essorez 
Songears ne soies pour dorez 
Et babignes tousjours aux ys 
Des sires pour les desbouses 
Eschec, eschec pour le fardis. 

Prince froart des arques petis 
L'un des sires si ne soit endormis 
Luez au bec que ne soies greffiz 
Et que vos emps n'en aient du pis 
Eschec, eschec pour le fardis. 

mardi 7 octobre 2008

John Zorn




Le dernier John Zorn, son dernier FilmWorks, le vingtième déjà, est un très beau mélange : Accordéon & Harpe avec le Masada String trio.
Hommage à un écrivain yiddisch, ce nouvel opus de John Zorn témoigne une fois de plus de son génie de la mélodie douce et envoûtante, du charme qui se dépose avec grâce.

Certes, pas un album révolutionnaire, mais dans la droite ligne des précédents, et parfois la répétition, surtout quand elle est de qualité, n'est pas désagréable, loin de là.

Rob Burger: Accordion / Greg Cohen: Bass / Carol Emanuel: Harp / Mark Feldman: Violin / Erik Friedlander: Cello 

1. Shalom, Sholem! 2.Luminous Visions 3.Mamme Loshen 4.Beyond The Pale 5.Mekubolim 6.Portable Homeland 7. Wandering Star 8.Jewish Revolutionaries 9.Shtetls 10.Lucky Me, I’m an Orphan! 11.Nicht Gefaehrlich 12.Talking Through Oblivion