dimanche 22 mars 2009

"tu es amoureuse"

Tu es amoureuse et tu attends le rendez-vous. Tu sais qu’il sera là, car il est toujours en avance.
Tu es amoureuse et tu penses au moment où tu vas l’embrasser, au moment où tes lèvres vont se déposer sur les siennes.
Tu es amoureuse et tu sais que tu l’aimes.
Tu es amoureuse et tu sais que tu sais que tu l’aimes.
Tu es amoureuse et tu vas prendre le métro pour le rejoindre ; ton cœur palpite, il bat plus fort. Tu veux le voir, maintenant, tout de suite, parce que tu es amoureuse.
Tu es amoureuse de lui et il est amoureux de toi.
Tu es amoureuse et tu lui inventes un surnom. D’animal, bien sûr. Les surnoms des amoureux sont des noms d’animaux : mon chat, mon cerf, mon lapin, mon furet, mon loup…
(On n’appelle pas son amour par un nom de fourniture de bureaux : ma table, ma chaise, mon bureau…)

samedi 21 mars 2009

morts - série 1

1

Le réveil sonne, tu cherches à l’éteindre, main maladroite,
Gestes lents, trop lents, tu ne sais pas être plus rapide,
Tu ne veux pas te lever, tu veux rester au lit,
Il est six heures, il est l’heure de se lever.

Tu te tournes et retournes dans le lit, tu ne veux
Pas te lever, vraiment pas envie ;
La porte de ta chambre claque violemment, tu sursautes :
PAN ! Une balle dans la tête, le sang sur l’oreiller.


2

Tu te diriges vers la salle de bain,
tu te regardes dans la glace,
Vraiment une sale gueule ce matin,
Le fond de l'oeil est un peu jaune.

Tu ouvres le robinet d' eau froide,
Tu te passes de l’eau sur le visage,
Tu te passes les mains sur le visage :
PAN ! Une balle dans la tête, cervelle sur le miroir.


3

L’eau est en train de bouillir, thé ou café ?
Tu ne sais pas encore, tu te laisses encore le choix.
Tu vas pisser - pisser porte conseil :
Allez, ce matin c’est café !

Tu sors le pain, tu veux du beurre, de la confiture,
Tu regardes dans le frigidaire : Il est vide.
Tu te penches pour voir s’il n’y a pas quelque chose au fond :
PAN ! Une balle dans la tête ; le frigo est plein.

mercredi 18 mars 2009

"tu es amoureuse..."

Tu es amoureuse et tu as un carnet, un carnet de rêves.
Tu notes tes rêves, tes rêves d'amoureuse.
Mais aujourd'hui, tu as un nouveau carnet.
Tu es amoureuse et tu as un nouveau carnet, un carnet de réalité.
Tu es amoureuse et tes rêves sont devenus réalité.
Tu es amoureuse et tu as changé de carnet. 
Tu es amoureuse et chacun de tes rêves devient réalité. Comme dans un conte, un conte de fées. Avec Prince Charmant et Princesse.
Tu es amoureuse et tu l'aimes.

lundi 16 mars 2009

ouverture


d'un site consacré à la littérature française contemporaine...

c'est ici,


"Inventive, remuante et audacieuse, la littérature contemporaine est bien une encre vive. C'est ce que se propose d'analyser ce site, en indiquant quelques parutions, en proposant des lectures, des rencontres, et en fournissant aux chercheurs articles et entretiens parfois introuvables par ailleurs."


Il y est question, par exemple, d'Emmanuel Carrère, et des cours que Laurent Demanze lui consacre...



mercredi 11 mars 2009

ouverture

Ouverture d'un blog sur les fous littéraires,
on ne peut que recommander.

Et relire les Enfants du Limon,
de Raymond Queneau



vendredi 6 mars 2009

we can be heroes






Louis Zukofski
(1904-1978)

"If you want to live, you love ; if you don't want to live, you hate, that's all."

lundi 2 mars 2009

un an...

Là je suis dans le train la « Flèche Rouge ».

Là je suis un anonyme triestin.

Là je suis sur la plage de Biarritz.

Là je suis au Rex, à Buenos Aires.

Là je suis cigarette aux lèvres et les mains derrière la tête.

Là je suis dans une gare, assis sur une valise.

Là je suis mains dans les poches, air sévère.

Là je suis mains dans le dos, souriant.

Là je suis trois fermiers qui s’en vont au bal.

Là je suis en Grèce, dernier voyage de couple.

Là je suis mains jointes sur le pommeau de la canne.

Là je suis trois révolutionnaires.

Là je suis bouche ouverte.

Là je suis cheveux gominés.

Là je suis papier en main.

Là je suis trois écrivains, sur le quai d’une gare, en train de rire.

Là je suis main sur la bouche, en train de réfléchir.

Là je suis avec les insignes de la Grande Gidouille.

Là je suis à Paris dans le quartier de Montmartre, polo retroussé.

Là je suis deux bohémiens, le regard perdu.

Là je suis invisible.

Là je suis perdu au milieu des photographies.

Là je suis un éditeur, fume cigarette de femme aux lèvres.

Là j’ai une longue barbe.

Là je suis à deux mains pour tenir la rambarde.

Là je suis à Salses.

Là je suis le cousin de Fragonard.

Là je suis le frère de Jean-Jacques Rousseau.

Là je suis Jack Spicer.