dimanche 6 mars 2011

le 6 mars


Le 6 mars…
Evénements : 1058 : Confirmation par le pape Étienne IX du privilège monétaire de Cluny. 1204 : Prise de Château-Gaillard par Philippe Auguste.1429 : Jeanne la pucelle, rencontre Charles VII roi de France. 1447 : Consécration du pape Nicolas V. 1618 : Incendie du Parlement de Paris, (dans le bâtiment de l'actuel palais de Justice, proche de la Sainte-Chapelle). 1629 : Allemagne : Promulgation par l'empereur de l'édit de Restitution. 1642 : Rome : Le pape condamne l’Augustinus de Jansénius ; mais la bulle ne sera publiée que dans un an, probablement modifiée. 1643 : Rome : Antoine Arnauld vient de publier De la fréquente communion, où il défend l’Augustinus, manuscrit de Cornélius Jansen, combattu par les jésuites, qui en obtinrent la condamnation par l'Inquisition, en 1641, puis par la bulle In Eminente d'Urbain VIII, publiée ce jour. 1664 : Signature d'une alliance entre la France et le Brandebourg. 1714 : Rastatt (Allemagne) : La France signe la paix avec l'Autriche. 1793 : Belgique : Après que le Hainaut est devenu département de Jemmapes le 2 mars, Tournai et Louvain sont réunis à la France. 1794 : Paris (16 ventôse) : À la Convention, Barère présente un rapport sur l'extinction de la mendicité. 1801 : Égypte : Les Anglais débarquent en Égypte. 1803 : Océan Indien : Envoyé pour réoccuper les villes françaises de l'Inde, l'amiral Decaen s'embarque pour l'île de France (l'île Maurice). 1824 : France : Vote d'une loi qui porte à sept ans la durée de la législature. 1831 : L'Opéra La Sonnambula de Vincenzo Bellini est présenté pour la première fois au Théâtre Carcano de Milan. 1836 : Fort Alamo, à San Antonio (Texas), est pris par l'armée mexicaine, au terme d'un siège de treize jours qui a coûté la vie à 187 Américains, dont Davy Crockett. 1853 : L'Opéra La Traviata de Verdi est présenté pour la première fois au Théâtre La Fenice à Venise.  1869 : Mendeleïev présente sa «classification périodique des éléments » devant la Société de chimie de Russie. 1889 : Serbie : Après avoir multiplié les erreurs politiques et les gaspillages financiers, Milan Obrénovitch abdique en faveur de son fils Alexandre, âgé de douze ans. 1898 : Pékin : La Chine cède pour 99 ans le port de Qingdao à l'Allemagne ainsi que des gisements miniers.  1909 : ils s’embrassent dans le métro. 1912 : Chili / Bolivie : Inauguration de la voie ferrée qui relie Arica (côte pacifique) à La Paz en Bolivie, en franchissant les Andes à 4 264 mètres d'altitude. 1914 : Paris : Installation du premier tribunal pour enfants. 1916 : Verdun : Début des combats du Mort-Hommes et de la Cote 304. 1926 : France, Chute du gouvernement du président du Conseil Aristide Briand. 1930 : Les premiers aliments congelés sont mis en vente à Springfield, dans le Massachusetts. 1933 : Au lendemain d'élections truquées favorisant les nazis en Allemagne, les Polonais occupent le port de Danzig, en polonais Gdansk. 1945 : La Ire armée américaine occupe Cologne. 1946 : La France reconnaît le Vietnam comme État libre au sein de la Fédération indochinoise. 1947 : Dick Pope invente le barefoot, ski nautique sans ski. 1951 : o Début du procès de Julius Rosenberg et Ethel Rosenberg, devant le tribunal fédéral de Foley Square, à New York. Les époux Rosenberg seront exécutés le 19 juin 1953. o L'USAF autorise la production sous licence de l'English Electric Canberra par la société Glenn L. Martin, sous la désignation Martin B-57 Canberra. 1953 Gueorgui Malenkov succède à Staline à la tête du gouvernement soviétique.1957 Israël remet le couloir de Gaza aux casques bleus de l'ONU. o Indépendance du Ghana. Les anciennes colonies britanniques de la Côte de l'Or et du Togo forment le Ghana.1960 : Alain Giletti devient champion du monde de patinage artistique.1962 : Washington s'engage à défendre la Thaïlande contre une agression communiste directe, sans attendre une action de l'Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est. 1964 : Constantin II monte sur le trône de Grèce.1965 : o Première diffusion de Belphégor sur la deuxième chaîne de l'ORTF.o Le Pentagone annonce l'envoi au Sud-Vietnam de 3 500 fusiliers-marins, premières troupes terrestres combattantes américaines engagées dans la lutte contre les forces communistes. o Alain Calmat est champion du monde de patinage artistique. 1970 : Alexandre Dubcek est suspendu du Parti communiste tchécoslovaque, dont il a été le secrétaire général au moment du "Printemps de Prague".1975 : Un commando terroriste fait quatorze morts dans un hôtel de Tel-Aviv. 1976 :o Un avion Iliouchine 18 de la compagnie Aeroflot se crashe entre Erevan et Zvartnots et tue ses 111 passagers et membres d'équipage. o 23 disques 45 tours d'une même formation musicale entrent en même temps au Hit-parade. EMI, réédite en effet 23 disques des Beatles. 1980 : Marguerite Yourcenar devient la première femme élue à l'Académie française. 1981 : Ricardo Hoffman arrive à Santa Elena à la nage. Parti 84 h 37 plus tôt de Corientes, il a parcouru les 481,5 km du Rio Parana sans s'arrêter.1982 : Le professeur Cabrol pratique la première opération cœur + deux poumons.1986 : Première rencontre entre la sonde soviétique « Vega » et la comète de Halley.1987 : Naufrage du car-ferry britannique Herald of Free Enterprise au large de Zeebruges en Belgique : près de 200 morts. 1988 : Des milliers de Tibétains manifestent à Lhassa, réclamant la fin du joug communiste chinois.1990 : Pour la première fois depuis 70 ans, le Soviet suprême autorise les Soviétiques à posséder des entreprises. 1994 : Colin Jackson porte le record du monde indoor du 60 m haies à 7,30 s. 1997 : Les ouvriers des chantiers navals de Gdansk, ont été informés de la fermeture prochaine du site entraînant la perte de 3.600 emplois. 1998 : o Quelque 20.000 personnes manifestent dans le centre de Tirana pour demander à la communauté internationale de mettre fin à la répression menée par la police serbe contre les Albanais du Kosovo. o Matthew Beck, comptable de la loterie du Connecticut à Newington, États-Unis, tue son président et trois supérieurs, pour un différend salarial, avant de se suicider. 1999 : Ta Mok, surnommé « le Boucher », dernier chef militaire des Khmers rouges, encore en fuite, est arrêté par l'armée cambodgienne, près de la frontière thaïlandaise. 2000 : Dopé par la communauté internationale, le juge chilien Juan Guzmán Tapia demande la levée de l'immunité parlementaire de l'ancien dictateur Pinochet. 2001 :o en Chine, quarante-deux personnes dont 35 enfants de huit et neuf ans, forcés de fabriquer des pièces pyrotechniques, périssent dans l'incendie de leur école. o Face à la fièvre aphteuse, la France interdit sur son territoire le transport des espèces animales sensibles, vers les marchés et expositions notamment. o Publication dans le quotidien égyptien El Midan d'une interview accordée par l'écrivaine égyptienne Nawal el Saadawi au journaliste Wahid Raafet, à la suite de l'interdiction de plusieurs de ses ouvrages à la foire internationale du livre du Caire, dans laquelle celui-ci lui fait dire que le pèlerinage à La Mecque et embrasser la Pierre noire relevaient du paganisme.2002 :o À Shiki, Afghanistan, les chasseurs américains bombardent les talibans avec parmi eux des femmes et des enfants. o Un hélicoptère israélien tire un missile sur la M’ouata (complexe de l'Autorité palestinienne à Ramallah) au moment où Yasser Arafat reçoit l'émissaire européen Miguel Angel Moraines. 2003 : o Vivendi Universel annonce une perte historique de 23,3 milliards d'euros nets pour 2002, ce qui en fait la plus importante jamais enregistrée par un groupe français. o Un Boeing 737-200 d'Air Algérie s'écrase peu après le décollage de Tamanrasset et tue 102 personnes dont 6 Français. C'est la plus grande catastrophe aérienne qu'ait connue l'Algérie depuis son indépendance en 1962.o La Garde suisse, armée du Vatican, accueille pour la première fois en son sein un soldat de couleur d'origine indienne, Dani Bachmann. 2004 :o Gaspar Pipit one, capitaine du vraquier Panarea Primo est surpris en flagrant délit de rejets de substance en mer Méditerranée. 2006 : Jean-Marie Guéhenno, secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des opérations de maintien de la paix, effectue sa cinquième visite en République démocratique du Congo (du 6 au 15 mars), pour se rendre compte sur place, alors que la période qui s’ouvre est critique, du travail accompli depuis le début de la Transition, des défis qui restent à relever et de ce qui reste à faire dans la préparation des élections, prévues le 18 juin. 2007 : Indonésie : Un violent séisme fait plus de 70 morts sur l'île de Sumatra.

jeudi 3 mars 2011

we can be heroes


Maurice Roche
(1924-1997)

"Je serai mort aussi longtemps que n'importe qui, et cependant à l'heure présente je suis vivant."

dimanche 13 février 2011

F.-machine (5)


j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux tes yeux j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux tes lèvres j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux tes seins j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux tes fesses j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux ton sexe j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux ton corps j’emmerde l’amour et les amoureux et je te veux j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux mon sexe dans ta bouche j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux mon sexe entre tes seins j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux aller et venir en toi j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux éjaculer en toi j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux dans ta bouche j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux sur tes seins j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux sur ton ventre j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que chaque orgasme soit ultime et infini j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que chacun de tes orgasmes soit ultime et infini j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que tu embrasses mes yeux j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que tu embrasses mes lèvres j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que tu embrasses ma poitrine j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que tu embrasses mes fesses j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que tu embrasses mon sexe j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que tu caresses mes lèvres j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que tu caresses ma bouche j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que tu caresses ma poitrine j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que tu caresses  mes fesses j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que tu caresses mon sexe j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que chaque orgasme soit ultime et infini j’emmerde l’amour et les amoureux et je veux que chacun de tes orgasmes soit ultime et infini j’emmerde l’amour et les amoureux et je t’aime  

mercredi 9 février 2011

promotion

J'ai toujours dit le grand bien que je pensais de Guillaume Belhomme, cité d'ailleurs ici.

J'ai toujours dit le grand bien que je pensais de son site et de ses choix musicaux, à découvrir ici. 

Ses livres sur Morton Feldman et Eric Dolphy sont de pures merveilles.


Et donc, le plus grand bien du dernier :


dimanche 6 février 2011

we can be heroes




Blaise Cendrars
(1887-1961)

« Je voulais indiquer aux jeunes gens d’aujourd’hui qu’on les trompe, que la vie n’est pas un dilemme et qu’entre les deux idéologies contraires entre lesquels on les somme d’opter, il y a la vie, la vie, avec ses contradictions bouleversantes et miraculeuses, la vie et ses possibilités illimitées, ses absurdités beaucoup plus réjouissantes que les idioties et les platitudes de la « politique », et que c’est pour la vie qu’ils doivent opter, malgré l’attirance du suicide, individuel ou collectif, et de sa foudroyante logique scientifique. Il n’y a pas d’autres choix possibles. Vivre ! »

samedi 5 février 2011

lecture







"Et peut être plus encore parce que face à une oeuvre d'art ou à une expérience anonyme et sans adresse qui subitement nous touche, nous énergise ou nous soulage, atteignant d'un seul coup en nous une zone d'affectivité jusque-là refoulée ou indicible, on ressent une gratitude sans bornes puisqu'il y a peut-être là une sorte d'offrande pure, sans dette puisque sans adresse, sans impudeur parce que tout sera demeuré dans le régime du musical ou de l'intransitif, sans objet, sans référent et par conséquent où rien de réel des corps organiques ou affectifs n'aura finalement eu besoin d'être nommé, disséqué, anatomisé, et ainsi nié dans son être de chair. Au contraire, face à un discours philosophique qui prétend venir nous saisir au coeur de notre sensibilité, on se sent spontanément brutalisé par les griffes du concept et on ne ressent aucune gratitude, plutôt une infinie méfiance : derrière le concept qui prétend parler de tous et de chacun, on croit toujours entendre l'écho d'un reproche, d'une volonté de faire honte ou de dominer." (p.16)

vendredi 4 février 2011

F.-machine (4)


Timbre de la poste, 26 décembre

Monsieur XXX
Chez son père
Rouen

Tant pis ! c’est moi.
Ruy Blas

            Ayant récolté une catin sur le trottoir, je n’hésitai pas à la suivre chez elle. Je la fis dénuder, mais comme verre, et lui promis 5 francs si elle avalait la décharge après avoir sucé. Il faut bien encourager les dispositions.
           Pendant que sa langue agitait ce vieux Priape, son doigt me labourait le cul. Je soupirai 7 à 8 minutes, les jambes étendues comme Dorothée qui se pâme, ou plutôt comme une franche putain, et je finis par décharger en me pâmant. Tout cela est littéral.
            Je ne m’en tins pas là, et ma cochonnerie fut telle que je fis à cette fille l’épée de la Charlemagne. Il va sans dire que je la branlai.
            Malgré la crainte de la vérole, je tirai mon coup sans capote. Je restai ensuite un quart d’heure la queue dans le nid, puis m’en retirai et sortis après deux heures.
            Ma prodigalité fut telle, que je donnai 25 francs à la garce et 1 francs à la (illisible).
            Rentré chez moi, je me frictionnai d’eau de Saturne, étonné de mon imprudence. J’écrivis ensuite au nommé XXX, et l’avertis que lundi prochain, à 1 heure ½, je serai chez lui, s’il n’envoyait pas chez moi contr’ordre.

Adieu – vieux pédéraste
Es-tu content de moi ?
(chaste ami)
Alfred Caligula


Timbre de la poste, 20 mars

Monsieur XXX
Rue de l’Est, 19
Rouen

            M’étant transporté au boxon, je m’y fis lécher le vit, qui dégueula dans la bouche de la fillette, que je langotai, dont l’odeur m’excitait, et qui me socratisa.
            Quel gaillard !...

Euh ! Euh !

jeudi 3 février 2011

5 mn


Le tenant // Allongée // Elle & elle s’embrassent // Lui tient les cheveux // La tient par les cheveux // Tête renversée // De face // A deux mains, lui // soubresauts, jusque dans les cheveux // Allongée, mains derrière la tête // Rouge à lèvres // Elle le happe // Va & vient // Deux au dessus d’elle // D’une main vigoureuse // Elle s’essuie les lèvres & le cou // Une fleur dans les cheveux // Dans une boîte de nuit // D’un mouvement de langue // Comme si cela n’en finissait pas // Elle s’agenouille // Lui et elle // Cela déborde, sur le côté droit // Simplement // Langue contre langue de jour // Langue contre langue de nuit // Contre la joue // En plein vol // Délicatement sur le bout de la langue // Entre ses cuisses // Rageusement // Posément // En se caressant le sein gauche // Sur le cou // Dans le lit // Donner un coup de main // Il la tient par la barbichette // Elle avale // Au soleil d’été // Il lui caresse les cheveux // Les yeux fermés // Sur les seins // Sur les jambes // Sur le ventre // Vouloir sa part mais être généreuse et partager // Comme si de traite // Langue contre langue et déposer pour chacune // Les joues, le cou, le menton // Ca coule // Surprise // En se caressant les deux seins// La main sur l’épaule // Hors de la bouche & dans la bouche // Le vouloir maintenant & maintenant // Sur ses yeux // Sur ses joues // Sur ses cheveux // Elle ouvre une large bouche et laisse couler sa proie // Même en position acrobatique // Sourire et lui caresser les fesses // Prendre // Aller le chercher // Inondée // L’attendre à deux // Elle s’essuie l’œil // Sur le bord des lèvres // Dans la bouche – encore // A trois reprises // Non & oui, oui, oui // Amoureusement // De la joue droite à la joue gauche // De l’œil à la joue // De la joue à l’œil et aux cheveux // Comme un ralenti // en larges coulées

mercredi 2 février 2011

6mn03


Maintenant que tu le fais remarquer, de quoi je parlais ? Elle l’embrasse dans le cou. Le mur est gris et sale, c’est la nuit. Tuyaux et canalisations. Vêtu d’acier, vêtu de noir. Un feu dans l’escalier. Nous ne voyons qu’une étroite faucille. Bonsoir. Un défilé de vaches. Today I ran out…of the last drop… of fruit brandy. They are here in a short while. Ils marchent, mains dans les poches, dans la forêt. Il éjacule sur son ventre. Rideau rouge, très rouge, et elle qui va vers la fenêtre. C’est la place qu’il faut, c’est bien la mienne. Et lui, dans la rue, écrasée de lumière. Bibi Andersson. Soit je retourne en silence à ma voiture. Il tapote sa pipe. Merci. Tiens, occupe-t’en. Le caissier la regarde, en souriant. Ils dansent, ivres, dans le couloir. Il semble vouloir lui dire quelque chose, mais semble aussi se retenir. Noir. Il la prenait en levrette et se retire. Elle le suce. Elle le chevauche. Elle est sur le balcon, cheveux dans le vent, et lui, derrière, la regarde. Il ouvre la porte, heureux. T’as qu’à dormir là, si tu veux. Il l’a étendue sur la table, et ramène la jambe droite, près de la gauche. Quelque chose que vous me prêteriez, qui serait à vous, comme un vêtement. Il la pénètre, elle se caresse. Et une épaule démise, il faut l’emmener à l’hôpital. Il s’en va et le laisse étendu sur le lit. Il cherche un document. T’as tout plaqué ? Il vérifie l’angle. Elle s’endort. Son portrait dans la glace. Une porte légèrement entrouverte. En France, on m’appelle Jeanne. Dans les escaliers. Il la pénètre, elle se caresse. Il la tient par la main. Il se réveille. Il pleure, se mouche, elle derrière, plus impassible, mais tout aussi triste. Tu viens voir le spectacle ? Non ! Votre maison est fabuleuse. Elle lui fait un doigt et s’en va. Un parc, fin de journée. Elle tient son sexe entre ses pieds et elle le suce. Il demande lesquelles ? Un voyage dans les étoiles. Une immense étendue de neige, un bidon bleu, et un hélicoptère qui le survole. Los Angeles. Il la prend dans ses bras à la sortie de la voiture. Il s’en va, elle le regarde partir. Comme l’âme à la chair. Et la chose ne doit pas être sous-estimée. J’ai acheté. Il va ouvrir la porte. De rixes à but lucratifs. Il regarde le mur. Elle le branle et s’agenouille devant lui. Il range quelque chose dans sa boîte à gants. Aujourd’hui nous commençons une opération très complexe et délicate. Elle sort du bain. Elle sort une lettre de son sac à main. Les enfants qu’on attend, pourquoi est-ce qu’ils peuvent pas rester chez eux ? Tu es à la retraite, mais tu as gardé la santé. Il fait ses exercices de musculation. Je me sens mal. Le reste peut se conserver.

mardi 1 février 2011

F.-machine (3)


il n’y aura au final que de l’écrit rien que de l’écrit des brouillons des notes des feuilles volantes des cahiers souvent commencés rarement finis des pages arrachées d’un carnet rien de plus que de l’écrit toujours de l’écrit des lettres qui s’ajoutent les unes après les autres des mots qui se suivent des paragraphes qui se forment des pages qui font à peu près sens peut être un livre mais surtout et avant tout de l’écrit des masses d’écrits  si j’écris une lettre d’amour ce n’est pas que je t’aime c’est que j’aime écrire si j’écris que je veux faire l’amour avec toi ce n’est pas pour faire l’amour avec toi c’est que j’aime écrire si j’écris que je veux lécher ton sexe ce n’est pas parce que je veux lécher ton sexe mais parce que j’aime écrire si j’écris que je veux éjaculer sur ton ventre ce n’est pas parce que je veux éjaculer sur ton ventre c’est que j’aime écrire et pourtant quand j’écris je t’aime à la fin de la lettre je t’aime et pourtant quand j’écris que je veux faire l’amour avec toi c’est que je veux faire l’amour avec toi et pourtant quand j’écris que je veux lécher ton sexe c’est pour au moment où j’écris retrouver le goût de ton sexe et pourtant quand j’écris que je veux éjaculer sur ton ventre c’est que je suis prêt à le faire car quand j’écris que je t’aime c’est que j’aime écrire je t’aime et que je t’aime car quand j’écris que je veux faire l’amour avec toi c’est que j’aime écrire que je veux faire l’amour avec toi et que je veux faire l’amour avec toi car quand j’écris que je veux lécher ton sexe c’est que j’aime écrire que je veux lécher ton sexe et que je veux lécher ton sexe car quand j’écris que je veux éjaculer sur ton ventre c’est que j’aime écrire que je veux éjaculer sur ton ventre et que je veux éjaculer sur ton ventre quand j’écris je t’aime je t’aime quand j’écris je veux faire l’amour avec toi je veux faire l’amour avec toi quand j’écris je veux lécher ton sexe je veux lécher ton sexe quand j’écris je veux éjaculer sur ton ventre je veux éjaculer sur ton ventre j’aime écrire que je t’aime que je veux faire l’amour avec toi que je veux lécher ton sexe que je veux éjaculer sur ton ventre

jeudi 27 janvier 2011

Portrait de C.T. à l’œil bleu (I)


Portrait de C.T. à l’œil bleu

Il y a une photographie de lui, de C.T., presque de profil, et à l’œil bleu, si bleu – et même si la photographie est en noir et blanc, on devine, on sait que l’œil est bleu si bleu. C’est un portrait de C.T. à l’œil bleu.

Il existe déjà une Histoire de l’œil, mais pas, à ce que je sache, une Histoire de l’œil bleu. Elle serait à écrire, cette histoire, et C.T. en serait un des héros. On mettrait sur la couverture, ce portrait de C.T., qui même si en noir et blanc, on devine, on sait, que l’œil, son œil, est bleu, si bleu. Oui, elle serait parfaite, cette photographie de C.T. pour la couverture d’un livre qui s’appellerait Histoire de l’œil bleu.

Je sais qu’il y a une histoire du bleu. Ce livre s’appelle Bleu. Mais il ne parle pas de l’œil, de l’œil bleu de C.T., que l’on devine, que l’on sait, bleu, sur cette photographie en noir et blanc.

Et de son œil bleu, sur cette photographie, C.T. fixe le vide, semble fixer le vide. Il regarde quelque chose, mais comme s’il regardait rien. Il regarde comme s’il regardait tout. Mais avec son œil bleu, si bleu, C.T. ne regarde pas le rien pour le rien, mais il regarde le rien, parce qu’il sait qu’il n’y a rien. Le rien est devant lui, devant son œil bleu, si bleu, mais on ne sait à quoi il pense quand il regarde et fixe le rien.

Il ne regarde rien, il regarde le rien, de son œil bleu, si bleu, de son œil bleu si bleu, car il sait que sur ce rien, il peut tout bâtir, que tout peut se bâtir, du moment qu’on le regarde du bon œil, de l’œil bleu, de son œil bleu si bleu.

Regarder le vide, le rien et vivre fort, très fort : Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, Artaud, Büchner, Kleist… plonger avec eux, d’un seul œil, un œil bleu si bleu, qui fixe le vide.

Son œil bleu si bleu qui fixe le rien, n’est pas un refus, mais une hostilité participante, pas un rejet, mais une intériorisation polémique, pas une fuite, mais une insertion offensive, pas un nihilisme, mais une ironie lucide et créative. Avec son œil bleu si bleu, il est en guerre. Il se déclare en état de guerre totale. Et son œil bleu si bleu le rend indépendant, affirme son absolu et sa radicalité, le fait sortir du retranchement de la solitude et du solipsisme. Cet œil bleu de C.T. que l’on devine, que l’on sait, bleu, si bleu, même si la photographie est en noir et blanc, c’est ça, c’est tout ça, c’est encore plus.

Cet œil bleu, si bleu, cet œil bleu si bleu est un œil adorable, méchant, séducteur, cachottier, drôle, despotique… un œil qui existe.

Il est fabricant de poème : un artisan, un ouvrier, un prolétaire. Il lutte avec la matière : il la façonne, il la broie, il la coupe, il la découpe, il la pétrit, il la cajole, il la caresse, il l’aime, il la tord, il la transforme… il travaille avec ses mains : carnet et crayon dans sa poche : et toujours, avant de l’attaquer, de s’y attaquer, de la coltiner, de s’y coltiner, il la regarde, de son œil bleu si bleu.

En regardant, encore et encore, cette photographie de C.T. à l’œil bleu, comme je l’appelle maintenant ; je me suis aussi demandé, s’il y avait un livre qui s’appelait Un cœur si bleu ? Je n’ai pas cherché ; et je veux garder cette idée de titre, si un jour je devais écrire plus longuement sur C.T., à l’œil bleu. Si bleu.

mardi 18 janvier 2011

F.-machine (2)


Veuillez croire à mon meilleur souvenir… Veuillez trouver ici l'assurance de ma cordiale sympathie… Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus cordiaux… Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de mes sentiments distingués… Croyez, Monsieur, en mes sentiments amicaux et dévoués Cordialement... Bien amicalement...  Amicalement... Recevez... Croyez à... Agréez... Je vous prie d'agréer... Je vous prie de recevoir... Je vous prie de croire à... Veuillez croire à... Veuillez agréer... Daignez agréer... cordialement vôtre ...mon amical souvenir... toute notre amitié ... mes sentiments amicaux ...mes sincères salutations ... mes meilleurs sentiments ... mes sentiments distingués ...mes sentiments respectueux ...mes sentiments dévoués ...ma respectueuse sympathie ...ma considération distinguée ...ma parfaite considération ...mon respectueux dévouement ...mon profond respect ...ma haute considération
Et tant d’autres,

mais aussi (& surtout) : Je te baise les couilles ou Je te presse les roustons.

lundi 17 janvier 2011

F.-machine (1)


            On va commencer par parler argent. Comme ça, ce sera fait. Et puis c’est plus facile de commencer en parlant d’argent qu’en parlant de sexe. De sexe on en parlera plus tard, mais maintenant on va parler argent.
            Souvent on commence une biographie en parlant des parents, des grands-parents, voire des arrière-grands-parents : on remonte la généalogie. Des pages à sauter. Parce que déjà, lire une biographie, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus drôle à lire. Je ne dis pas qu’elles sont toutes nulles ou inintéressantes, je veux juste rappeler que lorsque l’on aime vraiment un auteur, on a que faire de savoir à quel âge il s’est masturbé pour la première fois, avec qui et comment. En fait, là, je ne devrais pas dire « masturbé », car j’ai écrit, plus haut (pas si haut) que j’allais parler d’argent et pas de sexe. Alors je reprends, on a que faire de savoir combien il recevait d’argent de poche, notre écrivain que l’on aime, vraiment.
            Ses parents entrèrent dans le mariage avec un capital de 15000 francs. À la mort du mari (du père), trente quatre ans plus tard, la succession s’élevait à huit cent mille francs. Pas mal en trente quatre ans !
            Ils achetèrent cent dix huit hectares et une ferme.
            Ils achetèrent des bois et des prés, en trois lots : trente quatre hectares.
            Puis deux hectares et demi de pâturages.
            Et de nouveau une ferme, avec trois hectares de bois et de prés.
            Et des parcelles : à droite, à gauche.
            Et une prairie, dix-huit hectares.
            Et un prolongement de domaine — vingt-six hectares.
            Une maison à la campagne pour le dimanche et les jours de fête.
            Une maison blanche avec deux ailes et qui se trouvait en bordure du village. Une belle maison avec une pelouse, des arbres et des fleurs. On aurait dit un château au milieu des bois, sur la pente d’une colline. Elle fut vendue. Mais on en racheta une autre : plus grande, avec les pavés de la cours qui étaient nets comme le dallage d’une église.
            Oh la belle proprilleté !
            Quand son père mourut il avait 25 ans, il n’allait pas avoir besoin de travailler et allait pouvoir vivre des rentes assurées par les terres et domaines. Il y a plus difficile comme entrée dans la vie.  Orphelin de père, certes, mais riche. Enfin riche, pas si vite, non plus : il y avait toujours la mère (aimée) : mais il pouvait décemment ne pas travailler et vivre tranquillement de ses rentrées d’argent.
            Il mourra sans un sou.

            Voilà, d’argent, nous en avons assez parlé : passons aux légendes.

            Il n’aurait commencé à lire qu’à l’âge de neuf ans : pourquoi apprendre à lire quand un voisin vous lit tous les jours des passages du Don Quichotte ?
            Il aurait été un enfant triste, la mélancolie des lieux agissant sur le pauvre enfant.
            Mais cela, tout cela n’est pas vrai. Ce ne sont que légendes familiales, ce ne sont qu’histoires qui sont racontées ensuite, qui enjolivent tout. Des légendes de quand nous étions légendaires, de quand chacune de nos actions nous inscrivait dans l’histoire de notre famille, et pas dans une autre histoire.

            Lui-même en créa, plusieurs. Il se rêva troubadour, conspirateur révolutionnaire, insurrectionnel, et surtout et avant tout artiste… Les pensums finis, la littérature commençait et on se crevait les yeux à lire, au dortoir, des romans, on portait un poignard dans sa poche comme Anthony.
            Ou bien : on se masturbait si poétiquement avec nos doigts abîmés d’engelures.
            Ou encore : Elle l’invita dans sa chambre et il l’embrassa. Ce fut tout. Mais cette nuit-là, elle se rendit dans la chambre du garçon et commença à le sucer. Alors bien sûr, cela devient vite de la littérature quand il le raconte : Une femme se présenta à moi, je la pris ; et je sortis de ses bras plein de dégout et d’amertume. Il avait quinze ans.

            Les légendes sont des souvenirs, les souvenirs sont des légendes, les légendes viennent de souvenirs, les souvenirs font des légendes.
            Laissez-moi vous raconter, non pas ma vie, mais la légende de ma vie : car ma vie est légendaire : je suis une légende. Ma tête est pleine est de légendes. Je n’ai plus de souvenirs, que des légendes. Je suis, oui, je vous le dis, une légende.