Là je suis dans le train la « Flèche Rouge ».
Là je suis un anonyme triestin.
Là je suis sur la plage de Biarritz.
Là je suis au Rex, à Buenos Aires.
Là je suis cigarette aux lèvres et les mains derrière la tête.
Là je suis dans une gare, assis sur une valise.
Là je suis mains dans les poches, air sévère.
Là je suis mains dans le dos, souriant.
Là je suis trois fermiers qui s’en vont au bal.
Là je suis en Grèce, dernier voyage de couple.
Là je suis mains jointes sur le pommeau de la canne.
Là je suis trois révolutionnaires.
Là je suis bouche ouverte.
Là je suis cheveux gominés.
Là je suis papier en main.
Là je suis trois écrivains, sur le quai d’une gare, en train de rire.
Là je suis main sur la bouche, en train de réfléchir.
Là je suis avec les insignes de la Grande Gidouille.
Là je suis à Paris dans le quartier de Montmartre, polo retroussé.
Là je suis deux bohémiens, le regard perdu.
Là je suis invisible.
Là je suis perdu au milieu des photographies.
Là je suis un éditeur, fume cigarette de femme aux lèvres.
Là j’ai une longue barbe.
Là je suis à deux mains pour tenir la rambarde.
Là je suis à Salses.
Là je suis le cousin de Fragonard.
Là je suis le frère de Jean-Jacques Rousseau.
Là je suis Jack Spicer.
"If you want to live, you love ; if you don't want to live, you hate, that's all." (Louis Zukofski)
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lundi 2 mars 2009
dimanche 22 février 2009
Là je suis (IV)
Là je suis main sur le menton.
Là je suis mains dans le dos, au Collège de France.
Là je suis dans les bras de ma mère.
Là je suis dans mon bureau.
Là je suis allumant une cigarette, main gauche.
Là je suis en train de disparaître.
Là je suis dans mon bureau, encore, fumant, toujours.
Là je suis en Egypte.
Là je suis au milieu d'étudiants de mon séminaire.
Là je suis devant le tableau blanc, marqueur main gauche, cigarette aux lèvres, encore et toujours.
Là je suis en train de m'ennuyer, cigarette main gauche, à Milan.
Là je suis Place Tien an Men, mains dans le dos.
Là je suis au café Bonaparte, à Paris, riant avec mes amis.
Là je suis avec ma mère et mon demi-frère, ni mains dans le dos, ni en train de fumer.
jeudi 27 mars 2008
Là je suis (III)
Là je suis au cabaret Voltaire, 23 juin 1916.
Là je suis devant le Jockey Club, novembre 1923.
Là je suis Festival Dada, 26 mai 1920.
Là je suis devant le Sans-Pareil, 2 mai 1921.
Là je suis au Centre Pompidou, du 5 octobre au 9 janvier 2006.
Là je suis affiche pour manifeste,1918.
Là je suis Voie Lactée, 1919-1920.
Là je suis autruche lancée par la fenêtre, 1884.
Là je suis une nuit d’échecs gras, novembre 1920.
Là je suis en vacances, avec des amis, soit avant 1920.
Là je suis portrait, en carton, 1919.
Là je suis l’esprit de notre temps, 1920.
Là je suis lettre, 9 février 1919.
Là je suis danseuse, 1925.
Là je suis Merzbau, 1933.
Là je suis tonsure, 1921.
Là je suis Fountain, 1917.
Là je suis le suicide, 1926.
Là je suis avec deux épreuves photographiques, 8 juin 1921.
Là je suis crotte de bique, 1921.
Là je suis calligramme, 1916.
Là je suis procès, 13 mai 1921.
Là je suis extrait d’une lettre collage, 13 janvier 1919.
Là je suis L.H.O.O.Q., 1919
Là je suis devant le Jockey Club, novembre 1923.
Là je suis Festival Dada, 26 mai 1920.
Là je suis devant le Sans-Pareil, 2 mai 1921.
Là je suis au Centre Pompidou, du 5 octobre au 9 janvier 2006.
Là je suis affiche pour manifeste,1918.
Là je suis Voie Lactée, 1919-1920.
Là je suis autruche lancée par la fenêtre, 1884.
Là je suis une nuit d’échecs gras, novembre 1920.
Là je suis en vacances, avec des amis, soit avant 1920.
Là je suis portrait, en carton, 1919.
Là je suis l’esprit de notre temps, 1920.
Là je suis lettre, 9 février 1919.
Là je suis danseuse, 1925.
Là je suis Merzbau, 1933.
Là je suis tonsure, 1921.
Là je suis Fountain, 1917.
Là je suis le suicide, 1926.
Là je suis avec deux épreuves photographiques, 8 juin 1921.
Là je suis crotte de bique, 1921.
Là je suis calligramme, 1916.
Là je suis procès, 13 mai 1921.
Là je suis extrait d’une lettre collage, 13 janvier 1919.
Là je suis L.H.O.O.Q., 1919
Là je suis (II)
Là je suis en train de faire le ménage.
Là je suis vase sur la tête.
Là je suis une bonne blague.
Là je suis en train de repeindre mon plafond.
Là je suis vache dans le pré.
Là je suis myopie mentale.
Là je suis en train de frapper à la porte avec ma tête.
Là je suis dit Jean-Paul.
Là je suis tout le rêve de la démocratie.
Là je suis cachée dans le lit.
Là je suis pensée, pas une erreur, un discours, pas un tissu d’erreurs.
Là je suis mordu par un serpent.
Là je suis vase sur la tête.
Là je suis une bonne blague.
Là je suis en train de repeindre mon plafond.
Là je suis vache dans le pré.
Là je suis myopie mentale.
Là je suis en train de frapper à la porte avec ma tête.
Là je suis dit Jean-Paul.
Là je suis tout le rêve de la démocratie.
Là je suis cachée dans le lit.
Là je suis pensée, pas une erreur, un discours, pas un tissu d’erreurs.
Là je suis mordu par un serpent.
lundi 17 mars 2008
Là je suis (I)bis
Là je suis Dimitri Shostakovich dans le train la « Flèche Rouge ». Je fume une cigarette.
Là je suis Arno Schmidt, j’arrose mon jardin, avec un tuyau rouge.
Là je suis William T. Vollmann, je nettoie mes fusils.
Là je suis un anonyme triestin, je garde mon secret.
Là je suis Louis-René des Forêts, sur la plage de Biarritz, j’ai vu des films maudits.
Là je suis Witold Gombrowicz, au Rex, à Buenos Aires, je regarde vers le plafond.
Là je suis Bill Evans, cigarette aux lèvres, mains derrière la tête.
Là je suis un bourreau, je dresse les bois de justice.
Là je suis Günter Grass, dans une gare, assis sur une valise.
Là je suis Olivier Cadiot, mains dans les poches, air sévère.
Là je suis Jean Echenoz, mains dans le dos, souriant.
Là je suis trois fermiers qui s’en vont au bal.
Là je suis Louis Althusser, en Grèce, dernier voyage de couple.
Là je suis Jorge Louis Borges, mains jointes sur le pommeau de la canne.
Là je suis Charles Fourier, même pas fini de dessiné.
Là je suis trois révolutionnaires.
Là je suis Robert Walser, bouche ouverte.
Là je suis Francis Scott Fitzgerald, cheveux gominés.
Là je suis Ghérasim Luca, papier en main.
Là je suis trois écrivains, sur le quai d’une gare, en train de rire.
Là je suis Jean-Paul Sartre, main sur la bouche, en train de réfléchir.
Là je suis Boris Vian avec les insignes de la Grande Gidouille.
Là je suis Bernard-Marie Koltès à Paris dans le quartier de Montmartre, polo retroussé.
Là je suis deux bohémiens, le regard perdu.
Là je suis Thomas Pynchon, invisible.
Là je suis André Malraux, perdu au milieu des photographies.
Là je suis Franz Kafka, drôle de chapeau sur la tête.
Là je suis un éditeur, fume cigarette de femme aux lèvres.
Là je suis Herman Melville, longue barbe.
Là je suis William Gass, je tiens la rambarde de l’escalier à deux mains.
Là je suis Claude Simon, à Salses, je me balance sur un rockin’chair.
Là je suis le cousin de Fragonard.
Là je suis le frère de Jean-Jacques Rousseau.
Là je suis Jack Spicer, assis de côté sur une chaise.
Là je suis Arno Schmidt, j’arrose mon jardin, avec un tuyau rouge.
Là je suis William T. Vollmann, je nettoie mes fusils.
Là je suis un anonyme triestin, je garde mon secret.
Là je suis Louis-René des Forêts, sur la plage de Biarritz, j’ai vu des films maudits.
Là je suis Witold Gombrowicz, au Rex, à Buenos Aires, je regarde vers le plafond.
Là je suis Bill Evans, cigarette aux lèvres, mains derrière la tête.
Là je suis un bourreau, je dresse les bois de justice.
Là je suis Günter Grass, dans une gare, assis sur une valise.
Là je suis Olivier Cadiot, mains dans les poches, air sévère.
Là je suis Jean Echenoz, mains dans le dos, souriant.
Là je suis trois fermiers qui s’en vont au bal.
Là je suis Louis Althusser, en Grèce, dernier voyage de couple.
Là je suis Jorge Louis Borges, mains jointes sur le pommeau de la canne.
Là je suis Charles Fourier, même pas fini de dessiné.
Là je suis trois révolutionnaires.
Là je suis Robert Walser, bouche ouverte.
Là je suis Francis Scott Fitzgerald, cheveux gominés.
Là je suis Ghérasim Luca, papier en main.
Là je suis trois écrivains, sur le quai d’une gare, en train de rire.
Là je suis Jean-Paul Sartre, main sur la bouche, en train de réfléchir.
Là je suis Boris Vian avec les insignes de la Grande Gidouille.
Là je suis Bernard-Marie Koltès à Paris dans le quartier de Montmartre, polo retroussé.
Là je suis deux bohémiens, le regard perdu.
Là je suis Thomas Pynchon, invisible.
Là je suis André Malraux, perdu au milieu des photographies.
Là je suis Franz Kafka, drôle de chapeau sur la tête.
Là je suis un éditeur, fume cigarette de femme aux lèvres.
Là je suis Herman Melville, longue barbe.
Là je suis William Gass, je tiens la rambarde de l’escalier à deux mains.
Là je suis Claude Simon, à Salses, je me balance sur un rockin’chair.
Là je suis le cousin de Fragonard.
Là je suis le frère de Jean-Jacques Rousseau.
Là je suis Jack Spicer, assis de côté sur une chaise.
dimanche 2 mars 2008
Là je suis (I)
Là je suis dans le train la « Flèche Rouge ».
Là je suis un anonyme triestin.
Là je suis sur la plage de Biarritz.
Là je suis au Rex, à Buenos Aires.
Là je suis cigarette aux lèvres et les mains derrière la tête.
Là je suis dans une gare, assis sur une valise.
Là je suis mains dans les poches, air sévère.
Là je suis mains dans le dos, souriant.
Là je suis trois fermiers qui s’en vont au bal.
Là je suis en Grèce, dernier voyage de couple.
Là je suis mains jointes sur le pommeau de la canne.
Là je suis trois révolutionnaires.
Là je suis bouche ouverte.
Là je suis cheveux gominés.
Là je suis papier en main.
Là je suis trois écrivains, sur le quai d’une gare, en train de rire.
Là je suis main sur la bouche, en train de réfléchir.
Là je suis avec les insignes de la Grande Gidouille.
Là je suis à Paris dans le quartier de Montmartre, polo retroussé.
Là je suis deux bohémiens, le regard perdu.
Là je suis invisible.
Là je suis perdu au milieu des photographies.
Là je suis un éditeur, fume cigarette de femme aux lèvres.
Là j’ai une longue barbe.
Là je suis à deux mains pour tenir la rambarde.
Là je suis à Salses.
Là je suis le cousin de Fragonard.
Là je suis le frère de Jean-Jacques Rousseau.
Là je suis Jack Spicer.
Là je suis un anonyme triestin.
Là je suis sur la plage de Biarritz.
Là je suis au Rex, à Buenos Aires.
Là je suis cigarette aux lèvres et les mains derrière la tête.
Là je suis dans une gare, assis sur une valise.
Là je suis mains dans les poches, air sévère.
Là je suis mains dans le dos, souriant.
Là je suis trois fermiers qui s’en vont au bal.
Là je suis en Grèce, dernier voyage de couple.
Là je suis mains jointes sur le pommeau de la canne.
Là je suis trois révolutionnaires.
Là je suis bouche ouverte.
Là je suis cheveux gominés.
Là je suis papier en main.
Là je suis trois écrivains, sur le quai d’une gare, en train de rire.
Là je suis main sur la bouche, en train de réfléchir.
Là je suis avec les insignes de la Grande Gidouille.
Là je suis à Paris dans le quartier de Montmartre, polo retroussé.
Là je suis deux bohémiens, le regard perdu.
Là je suis invisible.
Là je suis perdu au milieu des photographies.
Là je suis un éditeur, fume cigarette de femme aux lèvres.
Là j’ai une longue barbe.
Là je suis à deux mains pour tenir la rambarde.
Là je suis à Salses.
Là je suis le cousin de Fragonard.
Là je suis le frère de Jean-Jacques Rousseau.
Là je suis Jack Spicer.
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