il n’y aura au final que de l’écrit rien que de l’écrit des brouillons des notes des feuilles volantes des cahiers souvent commencés rarement finis des pages arrachées d’un carnet rien de plus que de l’écrit toujours de l’écrit des lettres qui s’ajoutent les unes après les autres des mots qui se suivent des paragraphes qui se forment des pages qui font à peu près sens peut être un livre mais surtout et avant tout de l’écrit des masses d’écrits si j’écris une lettre d’amour ce n’est pas que je t’aime c’est que j’aime écrire si j’écris que je veux faire l’amour avec toi ce n’est pas pour faire l’amour avec toi c’est que j’aime écrire si j’écris que je veux lécher ton sexe ce n’est pas parce que je veux lécher ton sexe mais parce que j’aime écrire si j’écris que je veux éjaculer sur ton ventre ce n’est pas parce que je veux éjaculer sur ton ventre c’est que j’aime écrire et pourtant quand j’écris je t’aime à la fin de la lettre je t’aime et pourtant quand j’écris que je veux faire l’amour avec toi c’est que je veux faire l’amour avec toi et pourtant quand j’écris que je veux lécher ton sexe c’est pour au moment où j’écris retrouver le goût de ton sexe et pourtant quand j’écris que je veux éjaculer sur ton ventre c’est que je suis prêt à le faire car quand j’écris que je t’aime c’est que j’aime écrire je t’aime et que je t’aime car quand j’écris que je veux faire l’amour avec toi c’est que j’aime écrire que je veux faire l’amour avec toi et que je veux faire l’amour avec toi car quand j’écris que je veux lécher ton sexe c’est que j’aime écrire que je veux lécher ton sexe et que je veux lécher ton sexe car quand j’écris que je veux éjaculer sur ton ventre c’est que j’aime écrire que je veux éjaculer sur ton ventre et que je veux éjaculer sur ton ventre quand j’écris je t’aime je t’aime quand j’écris je veux faire l’amour avec toi je veux faire l’amour avec toi quand j’écris je veux lécher ton sexe je veux lécher ton sexe quand j’écris je veux éjaculer sur ton ventre je veux éjaculer sur ton ventre j’aime écrire que je t’aime que je veux faire l’amour avec toi que je veux lécher ton sexe que je veux éjaculer sur ton ventre
"If you want to live, you love ; if you don't want to live, you hate, that's all." (Louis Zukofski)
mardi 1 février 2011
jeudi 27 janvier 2011
Portrait de C.T. à l’œil bleu (I)
Portrait de C.T. à l’œil bleu
Il y a une photographie de lui, de C.T., presque de profil, et à l’œil bleu, si bleu – et même si la photographie est en noir et blanc, on devine, on sait que l’œil est bleu si bleu. C’est un portrait de C.T. à l’œil bleu.
Il existe déjà une Histoire de l’œil, mais pas, à ce que je sache, une Histoire de l’œil bleu. Elle serait à écrire, cette histoire, et C.T. en serait un des héros. On mettrait sur la couverture, ce portrait de C.T., qui même si en noir et blanc, on devine, on sait, que l’œil, son œil, est bleu, si bleu. Oui, elle serait parfaite, cette photographie de C.T. pour la couverture d’un livre qui s’appellerait Histoire de l’œil bleu.
Je sais qu’il y a une histoire du bleu. Ce livre s’appelle Bleu. Mais il ne parle pas de l’œil, de l’œil bleu de C.T., que l’on devine, que l’on sait, bleu, sur cette photographie en noir et blanc.
Et de son œil bleu, sur cette photographie, C.T. fixe le vide, semble fixer le vide. Il regarde quelque chose, mais comme s’il regardait rien. Il regarde comme s’il regardait tout. Mais avec son œil bleu, si bleu, C.T. ne regarde pas le rien pour le rien, mais il regarde le rien, parce qu’il sait qu’il n’y a rien. Le rien est devant lui, devant son œil bleu, si bleu, mais on ne sait à quoi il pense quand il regarde et fixe le rien.
Il ne regarde rien, il regarde le rien, de son œil bleu, si bleu, de son œil bleu si bleu, car il sait que sur ce rien, il peut tout bâtir, que tout peut se bâtir, du moment qu’on le regarde du bon œil, de l’œil bleu, de son œil bleu si bleu.
Regarder le vide, le rien et vivre fort, très fort : Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, Artaud, Büchner, Kleist… plonger avec eux, d’un seul œil, un œil bleu si bleu, qui fixe le vide.
Son œil bleu si bleu qui fixe le rien, n’est pas un refus, mais une hostilité participante, pas un rejet, mais une intériorisation polémique, pas une fuite, mais une insertion offensive, pas un nihilisme, mais une ironie lucide et créative. Avec son œil bleu si bleu, il est en guerre. Il se déclare en état de guerre totale. Et son œil bleu si bleu le rend indépendant, affirme son absolu et sa radicalité, le fait sortir du retranchement de la solitude et du solipsisme. Cet œil bleu de C.T. que l’on devine, que l’on sait, bleu, si bleu, même si la photographie est en noir et blanc, c’est ça, c’est tout ça, c’est encore plus.
Cet œil bleu, si bleu, cet œil bleu si bleu est un œil adorable, méchant, séducteur, cachottier, drôle, despotique… un œil qui existe.
Il est fabricant de poème : un artisan, un ouvrier, un prolétaire. Il lutte avec la matière : il la façonne, il la broie, il la coupe, il la découpe, il la pétrit, il la cajole, il la caresse, il l’aime, il la tord, il la transforme… il travaille avec ses mains : carnet et crayon dans sa poche : et toujours, avant de l’attaquer, de s’y attaquer, de la coltiner, de s’y coltiner, il la regarde, de son œil bleu si bleu.
En regardant, encore et encore, cette photographie de C.T. à l’œil bleu, comme je l’appelle maintenant ; je me suis aussi demandé, s’il y avait un livre qui s’appelait Un cœur si bleu ? Je n’ai pas cherché ; et je veux garder cette idée de titre, si un jour je devais écrire plus longuement sur C.T., à l’œil bleu. Si bleu.
mercredi 26 janvier 2011
mardi 18 janvier 2011
F.-machine (2)
Veuillez croire à mon meilleur souvenir… Veuillez trouver ici l'assurance de ma cordiale sympathie… Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus cordiaux… Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de mes sentiments distingués… Croyez, Monsieur, en mes sentiments amicaux et dévoués Cordialement... Bien amicalement... Amicalement... Recevez... Croyez à... Agréez... Je vous prie d'agréer... Je vous prie de recevoir... Je vous prie de croire à... Veuillez croire à... Veuillez agréer... Daignez agréer... cordialement vôtre ...mon amical souvenir... toute notre amitié ... mes sentiments amicaux ...mes sincères salutations ... mes meilleurs sentiments ... mes sentiments distingués ...mes sentiments respectueux ...mes sentiments dévoués ...ma respectueuse sympathie ...ma considération distinguée ...ma parfaite considération ...mon respectueux dévouement ...mon profond respect ...ma haute considération
Et tant d’autres,
mais aussi (& surtout) : Je te baise les couilles ou Je te presse les roustons.
lundi 17 janvier 2011
F.-machine (1)
On va commencer par parler argent. Comme ça, ce sera fait. Et puis c’est plus facile de commencer en parlant d’argent qu’en parlant de sexe. De sexe on en parlera plus tard, mais maintenant on va parler argent.
Souvent on commence une biographie en parlant des parents, des grands-parents, voire des arrière-grands-parents : on remonte la généalogie. Des pages à sauter. Parce que déjà, lire une biographie, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus drôle à lire. Je ne dis pas qu’elles sont toutes nulles ou inintéressantes, je veux juste rappeler que lorsque l’on aime vraiment un auteur, on a que faire de savoir à quel âge il s’est masturbé pour la première fois, avec qui et comment. En fait, là, je ne devrais pas dire « masturbé », car j’ai écrit, plus haut (pas si haut) que j’allais parler d’argent et pas de sexe. Alors je reprends, on a que faire de savoir combien il recevait d’argent de poche, notre écrivain que l’on aime, vraiment.
Ses parents entrèrent dans le mariage avec un capital de 15000 francs. À la mort du mari (du père), trente quatre ans plus tard, la succession s’élevait à huit cent mille francs. Pas mal en trente quatre ans !
Ils achetèrent cent dix huit hectares et une ferme.
Ils achetèrent des bois et des prés, en trois lots : trente quatre hectares.
Puis deux hectares et demi de pâturages.
Et de nouveau une ferme, avec trois hectares de bois et de prés.
Et des parcelles : à droite, à gauche.
Et une prairie, dix-huit hectares.
Et un prolongement de domaine — vingt-six hectares.
Une maison à la campagne pour le dimanche et les jours de fête.
Une maison blanche avec deux ailes et qui se trouvait en bordure du village. Une belle maison avec une pelouse, des arbres et des fleurs. On aurait dit un château au milieu des bois, sur la pente d’une colline. Elle fut vendue. Mais on en racheta une autre : plus grande, avec les pavés de la cours qui étaient nets comme le dallage d’une église.
Oh la belle proprilleté !
Quand son père mourut il avait 25 ans, il n’allait pas avoir besoin de travailler et allait pouvoir vivre des rentes assurées par les terres et domaines. Il y a plus difficile comme entrée dans la vie. Orphelin de père, certes, mais riche. Enfin riche, pas si vite, non plus : il y avait toujours la mère (aimée) : mais il pouvait décemment ne pas travailler et vivre tranquillement de ses rentrées d’argent.
Il mourra sans un sou.
Voilà, d’argent, nous en avons assez parlé : passons aux légendes.
Il n’aurait commencé à lire qu’à l’âge de neuf ans : pourquoi apprendre à lire quand un voisin vous lit tous les jours des passages du Don Quichotte ?
Il aurait été un enfant triste, la mélancolie des lieux agissant sur le pauvre enfant.
Mais cela, tout cela n’est pas vrai. Ce ne sont que légendes familiales, ce ne sont qu’histoires qui sont racontées ensuite, qui enjolivent tout. Des légendes de quand nous étions légendaires, de quand chacune de nos actions nous inscrivait dans l’histoire de notre famille, et pas dans une autre histoire.
Lui-même en créa, plusieurs. Il se rêva troubadour, conspirateur révolutionnaire, insurrectionnel, et surtout et avant tout artiste… Les pensums finis, la littérature commençait et on se crevait les yeux à lire, au dortoir, des romans, on portait un poignard dans sa poche comme Anthony.
Ou bien : on se masturbait si poétiquement avec nos doigts abîmés d’engelures.
Ou encore : Elle l’invita dans sa chambre et il l’embrassa. Ce fut tout. Mais cette nuit-là, elle se rendit dans la chambre du garçon et commença à le sucer. Alors bien sûr, cela devient vite de la littérature quand il le raconte : Une femme se présenta à moi, je la pris ; et je sortis de ses bras plein de dégout et d’amertume. Il avait quinze ans.
Les légendes sont des souvenirs, les souvenirs sont des légendes, les légendes viennent de souvenirs, les souvenirs font des légendes.
Laissez-moi vous raconter, non pas ma vie, mais la légende de ma vie : car ma vie est légendaire : je suis une légende. Ma tête est pleine est de légendes. Je n’ai plus de souvenirs, que des légendes. Je suis, oui, je vous le dis, une légende.
dimanche 2 janvier 2011
mardi 14 décembre 2010
tout serait...
Tout serait dans le mouvement : un moment – juste un moment où le mouvement est réussi, le mouvement parfait qui fige le moment en un moment sans mouvement : un moment qui par son mouvement arrête le mouvement. Un moment qui fige le mouvement : puis ensuite tout n’est que l’essai de retrouver ce mouvement, son retour dans sa répétition ; Jeter une cigarette par la fenêtre ; poser sa main sur une joue aimée ; fumer avec désinvolture (sans avoir l’air de rien) ; tourner sa tête vers celle qui ; remettre ses lunettes noires (celles qui donnent le style, lis-tu) ; lever sa tête au ciel, sous la pluie ; poser sa tête sur son épaule ; passer sa main dans ses cheveux ; allumer une cigarette ; pousser des miettes sur une nappe blanche ; tourner la tête ; remonter son pull ; ajuster sa cravate ; regarder l’autre, oui elle, oui lui, dans les yeux ; redresser son col de chemise ; prendre une cigarette ; glisser son regard vers ; tirer sur sa jupe ; … des moments qui viennent du mouvement, des mouvements qui sont des moments, des arrêts, des coupures.
mardi 7 décembre 2010
we can be heroes
e. e. cummings
(1894-1962)
i like my body when it is with your
body. It is so quite new a thing.
Muscles better and nerves more.
i like your body. i like what it does,
i like its hows. i like to feel the spine
of your body and its bones, and the trembling
-firm-smooth ness and which i will
again and again and again
kiss, i like kissing this and that of you,
i like, slowly stroking the, shocking fuzz
of your electric fur, and what-is-it comes
over parting flesh ... And eyes big love-crumbs,
and possibly i like the thrill
of under me you so quite new
body. It is so quite new a thing.
Muscles better and nerves more.
i like your body. i like what it does,
i like its hows. i like to feel the spine
of your body and its bones, and the trembling
-firm-smooth ness and which i will
again and again and again
kiss, i like kissing this and that of you,
i like, slowly stroking the, shocking fuzz
of your electric fur, and what-is-it comes
over parting flesh ... And eyes big love-crumbs,
and possibly i like the thrill
of under me you so quite new
samedi 27 novembre 2010
we can be heroes
Juan Carlos Onetti
(1909-1994)
"La seule chose qui compte, c'est qu'en terminant de l'écrire je me suis senti en paix, sûr d'avoir réussi ce que l'on peut espérer de mieux dans ce genre de tâche : j'avais relevé un défi et j'avais trasformé en victoire l'une au moins de mes défaites quotidiennes."
dimanche 31 octobre 2010
les dessins de M.M., ou l'imagerie du monstrueux.
Il y a tout d’abord la simplicité et l’évidente beauté ; celle de l’imagerie de l’imaginaire de M.M.
Les dessins de M.M. nous font entrer dans un monde imaginaire. L’imaginaire qui nous est donné à voir est celui-ci et uniquement celui-ci. Un imaginaire qui ne traîne pas avec lui les catégorisations habituelles de la psychanalyse, de l’autobiographie… Si étrangeté il y a, elle n’est pas inquiétante, si biographie il y a, elle n’est pas liée à une histoire personnelle et secrète : la-sale-petite-histoire. C’est un imaginaire qui se construit et qui est construit à la manière d’une œuvre d’art : avec une poétique.
Un imaginaire basé sur le montage.
Les dessins de M.M. sont des montages de dessins et de photographies ramenées de ses voyages et de ses flâneries dans les villes. Elles sont un endroit, un lieu. À celles-ci il rajoute des personnages, des situations, des scènes, extraits de dessins existants, et pour ceux qui nous intéressent, de mangas, plus précisément. Un espace qui se remplit de personnages, mis en scène. Il reprend la technique de Max Ernst, de Prévert et de tous ceux qui jusque là ont pratiqué le collage : créer une situation (souvent onirique) à partir d’autres situations. Ne rien créer, mais disposer et détourner. Le collage classique fait voir la différence – les éléments collés ; traits et couleurs différents ; superposition des éléments collés – le collage comme art de la strate.
M.M. va gommer cette différence et enlever cette hétérogénéité. Il redessine tout : décors et personnages. Le collage classique est une hétérogénéité de la forme au service d’une homogénéité du fond ; les collages de M.M. sont homogènes dans la forme –un dessin, et un seul – et de celui-ci va naître une étrange hétérogénéité : on reconnaît et on ne reconnaît pas. On veut reconnaître pour se rassurer et on ne veut plus reconnaître pour ne pas être inquiété. C’est ce mouvement inverse qui rend son travail et son acte si intéressant. Un collage redessiné pour en assurer l’homogénéité de la forme.
Au premier regard on peut penser à un dessin original, mais à y regarder de plus près, en s’impliquant davantage : on remarque deux temporalités : celle du décor – photographie redessinée ; et celle de la scène – des personnages sortis de leur cadre d’origine. Son image, ainsi créée, devient une tension en acte – une complexité dynamique, un processus de (en) travail, une poétique – quelque chose qui ne serait pas encore pacifié et si M.M. travaille en noir & blanc c’est pour retourner aux origines du dessin, pas aux siennes. Chacune de ses planches est un work in progress abouti. Il est le dessin fini dans son essence de dessin. Pas un procédé qui se répète par facilité, mais une dysposition : dialectique du montage – son démontage et son remontage. Il déconstruit puis reconstruit pour son propre compte la matière visuelle (et uniquement elle), pour mieux l’exposer. Cette dysposition de la réalité n’en est pas moins réelle, puisque tout l’est, et finalement rien ne l’est. Le travail de M.M. est un travail de reprise (d’images existantes), mais pas d’une reprise pour la reprise : ce qui au final serait assez banal. Son geste n’est pas seulement destructif et insurrectionnel : cela ne ferait pas encore œuvre d’art. Mais en gardant le « grain » du dessin dans son dessin, il échappe à la parodie de celui-ci (et de lui-même au passage), et donne à voir une véritable œuvre d’art, singulière et porteuse de vérité. Dessiner pour M.M. est le moyen de mettre à plat un imaginaire toujours prêt à se reproduire, à se développer et à se transformer en une imagerie monstrueuse. En artiste du montage technique, il part de l’hétérogénéité pour dysposer (de) la vérité, dans un ordre, proche des « correspondances » de Baudelaire, des « affinités électives » de Goethe (& Benjamin), des « déchirures » de Bataille ou des « attractions » de Eisenstein. M.M. dévoile son imaginaire : monstrueux. Mais un imaginaire qui ne se réfère qu’à lui-même. Les correspondances, les affinités électives, les déchirures, les attractions sont internes, se font au sein de l’œuvre même de M.M. et de ses travaux antérieurs. L’imaginaire de M.M. est celui de son monde artistique. Le geste artistique dans ses dessins se limite à son monde artistique et il rejette les catégorisations habituelles. Il ne faut pas chercher ailleurs que dans les dessins de M.M. les raisons de ceux-ci.
Le monstrueux.
Si les dessins de M.M. sont monstrueux, c’est parce qu’ils ne montrent que ce qu’un imaginaire poétique peut montrer et mettre en avant. Les dessins de M.M. sont la construction de cette monstruosité, de cette monstration du réel qui en est aussi sa démonstration. M.M. n’est pas de ceux qui, sous prétexte de représenter le chaos et le déséquilibre du monde donnent à voir une œuvre chaotique et discordante. Il ne tombe pas dans cette naïveté : plus ce qu’il montre est désaccordé (monstrueux) et plus son dessin semble soumis aux règles de l’ordre et de l’unité. Un monstrueux homogénéisé, en quelque sorte, car sorti de son imaginaire et de sa poétique. Il flirte avec le grotesque, se tient à la frontière de l’horreur et du rire, mais ses dessins ne font pas peur, ils ne font pas rire non plus, même si on est toujours tenté par l’un ou par l’autre. Si le monstrueux est celui que l’on montre, on est tenté de montrer dans les dessins de M.M. ce qui fait peur, ce qui angoisse et ce qui fait sourire. Mais pas un sourire qui viendrait de la rencontre fortuite de deux éléments hétérogènes qui soudain alliés, prêtent au sourire, mais plutôt parce que l’on a remarqué un élément qui contrebalançait l’angoisse première qui pouvait nous saisir. Il y a du Lautréamont et sa série des « beaux comme » dans les dessins de M.M.
Le monstrueux de M.M. n’est pas seulement un monstrueux de la différence, mais il est aussi un monstrueux de la représentation, de cette coupe dans le réel, qui montre le réel divisé dans le dessin.
La poétique et l’éthique.
Il n’y a pas à chercher dans les dessins de M .M. de critique du monde tel-qu-il-ne-va-pas. Il ne fait pas de détournements d’images, il ne joue pas avec le politique ou la transgression. Il met en évidence, noir sur blanc, un imaginaire qui surprend, qui repousse, qui choque… et l’on a envie d’aussitôt se demander pourquoi choque-t-il ? Pourquoi sommes-nous surpris ? Et c’est le fait de l’être, surpris, qui en constitue la dimension éthique. Pourquoi sommes-nous encore surpris par ces représentations monstrueuses, qui au final ne sont pas plus terribles que celles qui illustrent quotidiennement le monde tel-qu-il-ne-va-pas ? Parce que M.M. ne montre pas seulement, mais fait dans le même mouvement la démonstration du monstrueux comme poétique, de la poétique comme monstrueux. L’imaginaire de M.M. ne nous donne pas à voir, mais nous oblige à repenser notre façon de voir, et notre façon de concevoir notre imaginaire. L’imaginaire, pour M.M., est un produit et une production. Les dessins de M.M. ne nous donnent pas simplement à voir un imaginaire, ils nous donnent aussi à penser ce qu’est un imaginaire et comment il modifie notre façon de voir ; notre façon de voir avec le monstrueux, non pas après le monstrueux, ou en pensant après le monstrueux, mais avec le monstrueux. Le monstrueux chez M.M. est la trace, la marque de son imaginaire, de son geste artistique. Ce que montre M.M. c’est qu’un imaginaire ça se travaille, non pas de l’extérieur, en allant chercher ailleurs, dans les ça-donne-des-idées, mais à l’intérieur même – en se déployant, en se démontant et en se remontant, sans cesse, comme une machine folle qui ne pourrait plus s’arrêter. Et si transgression il doit y avoir, c’est au sens d’un déplacement qu’il faudrait l’entendre. Quelque chose se passe, mais pas là où on l’attendait. Sa subversion, c’est de proposer une nouvelle manière de saisir le monde, dans ses dyspositions.
Ses dessins et son œuvre depuis le début en sont la preuve.
jeudi 28 octobre 2010
chapitre 4
Chapitre 4
Le dimanche matin, le changement était à un jour. J’étais résolue à ne pas penser à mes trois mots magiques et je ne voulais pas les laisser dans mon esprit : mais l’annonce du changement était si fort qu’il n’était pas possible de le faire. Le changement, comme le brouillard, s’étendait dans les escaliers, la cuisine et le jardin. Je ne pouvais oublier mes trois mots magiques : Mélodie Gloucester Pégase, mais je ne pouvais pas non plus les laisser occuper mon esprit. Le temps était menaçant ce dimanche matin et je me disais que peut-être Jonas réussirait après tout à faire éclater un orage. Le soleil pénétrait dans la cuisine mais il y avait des nuages qui se déplaçaient rapidement dans le ciel et un vent frais pénétrait dans la cuisine pendant que je prenais mon petit déjeuner.
— Mets tes bottes si tu sors aujourd’hui, me dit Constance.
— Je ne pense pas qu’Oncle Julian va aller dehors aujourd’hui, il fait trop froid pour lui.
— Un vrai temps de printemps, dit Constance en souriant et en regardant le jardin.
— Je t’aime Constance.
— Je t’aime aussi, idiote de Merricat.
— Est-ce que Oncle Julian va mieux ?
— Je ne pense pas. Quand tu dormais encore, je lui apporté son plateau de petit déjeuner et il m’a semblé très fatigué. Il m’a dit avoir pris une autre pilule dans la nuit. Je pense que son état empire.
— Es-tu inquiète ?
— Oui, beaucoup.
— Va-t-il mourir ?
— Sais-tu ce qu’il m’a dit ce matin ?
Constance se retourna, s’appuya contre l’évier et me regarda tristement.
— il pensait que j’étais Tante Dorothy, il m’a saisit la main et il m’a dit : « C’est terrible d’être vieux, et d’être étendu ici à attendre que cela arrive. » Il m’a terrifié.
— Tu devrais me laisser l’emmener sur la lune.
— Je lui ai donné son lait chaud et il s’est souvenu de qui j’étais.
Je pensais qu’Oncle Julian était certainement très heureux d’avoir Constance et Tante Dorothy pour prendre soin de lui. Je me dis que les objets longs et fins m’aideraient à me rappeler d’être gentille avec Oncle Julian. Aujourd’hui serait un jour d’objets longs et fins car il y avait eu ce cheveu sur ma brosse à dent, ce bout de fil qui pendait sur le bord de ma chaise et je pouvais voir un bout de bois détaché de la marche.
— Prépare lui un petit pudding.
— Peut-être.
Elle prit un long et fin couteau à découper qu’elle posa dans l’évier.
— Ou une tasse de cacao. Et des beignets pour accompagner le poulet ce soir, rajouta-t-elle.
— As-tu besoin de moi ?
— Non, ma Merricat. Tu peux sortir, mais n’oublie pas tes bottes.
La lumière à l’extérieur était changeante et mouvante. Jonas dansait entre les ombres et me suivait. Quand je courais, il courait. Quand je m’arrêtais, il s’arrêtait, me regardait et s’en allait vivement dans une autre direction, comme s’il ne me connaissait pas. Puis il s’asseyait et m’attendait pour recommencer la course. Nous avancions ainsi le long du champ qui ressemblait aujourd’hui à l’océan, même si je n’ai jamais vu l’océan de ma vie. L’herbe ondulait sous le vent, et l’ombre des nuages allait et venait, les arbres se courbaient sous les rafales. Jonas disparut dans les herbes qui étaient assez grandes (hautes) pour que je les frôle des mains sans avoir à me pencher, et il faisait de légères courbures ; pendant un instant il y eut comme un sillon dans l’herbe, c’était Jonas qui accourait. Je décidai de traverser le champ en diagonal, partis d’un coin et me dirigeai vers le coin opposé. Au milieu j’allai directement vers la pierre signalant ma poupée enterrée. Je pouvais toujours la retrouver au contraire d’autres trésors, perdus à jamais. La pierre était toujours à sa place et la poupée en sécurité. Je suis en train de marcher sur des trésors perdus, ai-je pensé. L’herbe continuait à caresser mes mains et il n’y avait rien autour de nous si ce n’était le champ et la pinède. Derrière moi il y avait la maison, et loin, là-bas, sur la gauche, cachée par les arbres, la barrière construite par Père pour tenir les gens éloignés.
Quand je sortis du champ, j’allai vers les quatre pommiers, que nous appelions notre verger, et je suivis le sentier jusqu’au ruisseau. Ma boîte et ses dollars d’argent, cachés près de la rivière, étaient toujours là. Près de la rivière, bien caché, il y avait une de mes cachettes aménagée avec grand soin et que j’utilisais souvent. J’avais arraché deux ou trois buissons et aplani le sol. Tout autour il y avait des buissons et des branches d’arbre. L’entrée était cachée par une branche qui touchait presque le sol. Il n’y avait pas de raison pour cela fut si secret (caché), personne ne venait jamais me chercher jusque là. Mais j’aimais m’y étendre avec Jonas et je savais que nous ne serions jamais dérangés. Je faisais un lit avec des feuilles et des branches et Constance m’avait donné une couverture. Les arbres tout autour étaient si feuillus qu’il faisait toujours frais ici et ce dimanche matin, je restai là avec Jonas à écouter ses histoires. Toutes les histoires de chats commencent de la même façon : « Ma Mère, la première des chats, m’a raconté ceci » et je restai tout près de Jonas, la tête posée à ses côtés, à écouter son histoire. Aucun changement n’interviendra, ai-je pensé, il n’y aura que le printemps. J’avais tord d’être si effrayée. Les jours deviendraient de plus en plus chaud, Oncle Julian resterait assis au soleil. Et Constance continuerait à rire dans le jardin. Et rien ne changerait. Jonas poursuivait son récit « et nous chantions ! et nous chantions ! » et les feuilles bougeaient au dessus de nous. Non, rien ne changerait.
Je découvris un nid de serpents près de la rivière et je les tuai tous. Je détestais les serpents et Constance ne m’avait jamais interdit de le faire. J’étais sur le chemin du retour quand j’ai trouvé un mauvais présage, un des pires. Mon livre, cloué sur le tronc d’un arbre de la pinède, était tombé. Je pensai que le clou était rouillé et le livre – un agenda de Père dans lequel il notait les noms de tous ceux qui lui devaient de l’argent – n’assurait plus son rôle de protection. Je l’avais enveloppé avec soin dans du papier avant de le clouer sur l’arbre, mais le clou avait fini par céder. Je pensai qu’il fallait que je détruise tout pour éviter toute influence néfaste. Je pourrais apporter quelque chose d’autre à clouer sur l’arbre, peut être un foulard ou un gant de Mère. C’était de toute façon trop tard, mais cela je l’ignorais encore. Il était déjà en route. Quand j’ai trouvé le livre, il avait probablement laissé sa valise à la poste et il se demandait comment arriver chez nous. Tout ce que nous savions alors, Jonas et moi, était que nous avions faim, et nous courûmes vers la maison. Le vent fit irruption avec nous dans la cuisine.
jeudi 21 octobre 2010
bandit(s)
"Les livres ne sont pas des choses inertes et c'est même pour cela qu'ils sont d'une certaine manière dangereux : ils ne rayonnent pas seulement dans le champ littéraire, mais ils ont des retombées dans nos vies."
"Le moindre événement de sa vie révélait soudain une signification qui ne devait rien au hasard mais tout à son désir de s'extirper de l'informe et du médiocre pour s'élever jusqu'au romanesque."
mardi 12 octobre 2010
Le « Monde » selon Simon Melmoth
à J.Y.
1
A la mort de Simon Melmoth, j’ai eu en ma possession un certain nombre de ses papiers personnels. J’en ai classé une partie, j’ai mis en ordre ses fiches ; ce fut : L’ABC du Gothique. Parmi des feuilles volantes, il y avait un poème : « Le Monde », poème qui contient ce qu’il appelait le « Monde », avec une certaine ironie. Ce monde qui ne revient pas, que l’on tente toujours de rattraper, mais qui au final, s’échappe comme un lièvre dans son trou. Ce monde définitivement passé, que seul l’écriture réussit, parfois, à toucher du bout des doigts, si ce n’est du bout des lèvres.
Ce poème, en vers, en alexandrin, très beau, je l’ai toujours aimé. Avant même qu’il ne s’appelle « Le Monde ».
Souvent, mon ami, Simon Melmoth, me parlait de ce « Monde », de ce qu’il essayait, lui aussi, de toucher, d’effleurer, du bout des doigts, du bout des lèvres. Je pourrais presque dire qu’il en avait fait un quasi-concept. Il essaya lors de nombreuses soirées de m’expliquer ce qu’il entendait par « Monde ». Il murmurait ces mots, doucement[1].
2
Une des questions qui intéressait profondément Simon Melmoth était la suivante : « Notre style est-il conditionné par le port ou non de lunettes noires ? »
Il se demandait dans une note en bas de page mentale si les lunettes de soleil et autres appareils de vision qui déforment à coup sûr notre concept de l’espace n’influençaient pas aussi le style de notre discours.
Simon Melmoth était un gentleman de la nuit, un contrebandier, à sa façon, et ce qui l’intéressait était ce qui pouvait passer, de main en main, rien d’autre. Ce qu’il pouvait faire passer, de main en main, rien d’autre. Faire passer. En contrebandier. En gentleman de la nuit.
Et ce « Monde», il essaya souvent de me le faire passer, en douce, doucement. De me le faire toucher, du bout des doigts, du bout des lèvres, du bout des yeux.
« Te souviens-tu de quand nous étions légendaires ? De quand nous ne vivions pas la vraie vie ? De quand les arbres étaient si grands ? De quand les maisons étaient des châteaux ? De quand tout nous semblait si grands et que nous étions si petits ? De quand toi et moi nous étions une légende avant de devenir poésie, littérature ?»
Par légende, je veux dire que, lorsqu’on agit, on a l’air d’agir, on agit comme si on agissait.
On en s’en souvient pas, ou si difficilement, alors on cherche par tous les moyens à le retrouver, ce temps, de quand. On triche, on ruse, on fraude, on passe en douce. On essaye encore et encore. On voudrait. Mais on n’y arrive pas, jamais complètement. Alors on prend des chemins de traverse, on essaye par un autre moyen, moins direct. On se dit que cette fois-ci, ça va être bon : on se fait faire un parfum sur mesure ; spécialement pour retrouver l’odeur du cuir de l’usine dans laquelle on se promenait en étant petit. On trempe des madeleines dans le thé, la tisane, le café. On écoute de vieux disques. On retourne sur des lieux. On triche aussi parfois, on ment, on se ment. On accepte les contrefaçons, les ersatz, les succédanés, les alibis. On se dit : « C’est mieux que rien. ». Mais au final, c’est rien, que dalle, du vent, peau de balle. Ce n’est rien. Nada. Alors on y retourne. On recommence. Encore et encore. Car, oui, on voudrait le toucher ce moment, cet instant.
3
On dit : synesthésie : on pourrait tout aussi bien dire : « Monde ». C’est ça, le Monde, ce sont des correspondances, c’est rechercher ces correspondances, c’est essayer de trouver ce qui nous permettra de revenir en arrière, un instant, même fugace.
Lors d’une soirée, mon ami parlait avec une femme, et il lui dit : « Vous me rappelez quelqu’un : au toucher. » Elle rougit. Et lui était si heureux, non pas de la formule trouvée, purement langagière, mais du souvenir qui venait de le submerger, si fortement. Il savait qu’il venait de toucher, du bout des lèvres, ce « Monde». Il remit ses lunettes noires.
4
Voilà le poème de Simon Melmoth :
«Le Monde»
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
[1] Et sa façon de les dire, ces mots, était bien loin de « L’horreur ! L’horreur !», dont certains ont fait, eux aussi, un quasi-concept, pour justifier le monde, la vie, la littérature. Simon Melmoth était trop doux et trop délicat pour s’enfermer dans cette conception du mal, de la vie ; bref de la littérature. Cela ne veut pas dire que mon ami était dans une béatitude infinie, dans un « monde sans carie », comme il aimait le répéter. « Je ne vis pas et ne veux pas vivre dans un monde sans carie. Je regarde aussi ce qui doit être regardé, en face. Je lis et j’apprécie ces romans qui montrent le Mal. Mais je n’arrive pas à comprendre ceux qui s’en gargarisent, ceux qui brandissent le Mal comme un étendard et s’y enveloppent pour paraître profond et intelligent. » Il était du côté du « oui » à la vie, au monde, à la littérature. « oui je veux bien Oui ». Il avait une véritable aversion pour tout ce qui était mortifère. Il aimait la réponse que Miguel de Unamuno, à l’Université de Salamanque, avait faite au général Millan Astray : « Je viens d’entendre le cri nécrophile « Vive la mort » qui sonne à mes oreilles comme « A mort la vie ! » »
lundi 4 octobre 2010
C. M.
O lente lente currite noctis equi !
Lentement lentement coursiers de la nuit
Ralentir ralentir ô chevaux de la nuit
Lentement ralentir ô chevaux de nuit
Une douleur vive — que vive — rapide : un coup, une sensation, un coup de pique, d’estoc. Une douleur terrible. Ne pas comprendre d’où vient le coup, mais sentir le coup de pique en douleur vive. Et la sensation de chaleur, sur la joue droite, en coulée épaisse et chaude. Et rien, plus rien, plus de douleur, plus de chaleur. De l’œil gauche, voir l’autre, que l’on voyait des deux yeux. Et la chute sur le sol poussiéreux de la taverne de la veuve Éléonore Bull, près de Londres à Deptford. Et tout ça pour un recknynge : ainsi noté par le coroner dépêché près du corps, dans son rapport écrit d’une belle encre noire, sans faute, sans maladresse, d’une main assurée : un recknynge, pour une addition.
vendredi 1 octobre 2010
Oui
tu sais tu devrais dire oui arrêter de te poser des questions et dire oui je ne sais pas pourquoi tu ne dis pas oui tout de suite sans plus te poser de questions sans plus te poser de question pas la peine dis oui car au fond de toi tu as envie tu as envie de dire oui mais tu sembles ne pas vouloir le dire oui tout de suite comme si cela serait honteux de dire oui sans avoir dit peut-être avant et je sais et tu sais que tu vas le dire oui alors dis-le là maintenant oui dis-le oui dis oui dis oui et laisse toi aller ce sera plus simple et puis plus rapide à quoi bon attendre que alors que oui c’est simple à dire oui oui encore et encore oui et oui un oui d’un soir ce n’est pas un engagement ce n’est pas un mariage non plus ce oui tu as juste à le dire ce oui ça ne va rien changer c’est un oui pour ce soir juste pour ce soir tu dis oui et c’est oui un oui avec un grand sourire un oui qui est un oui à la soirée à la vie de ce soir à la beauté des étoiles juste ça ce oui pas plus pas moins un oui qui enveloppe la beauté la nuit les étoiles toi et moi un oui à l’envie un oui pour s’envoler un oui de l’envie que tu as de dire oui et encore oui car tu aimes dire oui
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