lundi 30 juin 2008

we can be heroes




Julio Cortazar
(1914-1984)

"En littérature, il n'y a pas de bons thèmes ni de mauvais thèmes, il y a seulement un bon ou un mauvais traitement du thème."

lundi 23 juin 2008

on dit que...

On dit souvent qu'il n'y a plus d'écrivains, plus d'auteurs, que tout fout le camp. C'est vrai, Cossery vient de mourir, et ça fait un écrivain de moins. Mais c'est faux aussi, car Rufin vient de rentrer sous la coupole, et ça fait un immortel de plus.

C'est faux, encore, car Jacques Henri Michot vient de faire paraître un nouveau texte : La vie, l'amour, la mort chez Al Dante. Et JH Michot c'est un vrai écrivain... alors lisez-le.

L'ABC de la barbarie du même auteur est paru en 1998, tiré à 700 exemplaires, et il est toujours disponible... alors non, il y a toujours des écrivains, mais j'ai un peu peur que ce soient les lecteurs qui deviennent rares.







we can be heroes






Albert Cossery
(1913-2008)

samedi 21 juin 2008

en pile, en vrac, je ne m'en sors pas...(II)


et comme je viens de trouver plus d'une dizaine de disques de Hans Werner Henze,

oui, j'ai vraiment besoin de vacances...

en pile, en vrac, je ne m'en sors pas...


voilà la pile des livres qui m'attendent :

Raymond Federman, Surfiction
Guillaume Belhomme, Morton Feldman
Guillaume Belhomme, Dolphy
Pierre Senges, Fragments de Lichtenberg
Patrick Wald Lasowski, Guillotinez-moi
Etienne Celamre, Triste après l'amour
Enrique Vila-Matas, Explorateurs de l'abîme
Richard Powers, La chambre aux échos
Michaël Moorcock, Jerry Cornélius
Lutz Bassmann, Avec les moines soldats
Vollmann, Central Europe


et je me disais récemment, "tiens, je lirais bien L'Homme qui rit"...

est-ce raisonnable ?

en tout cas besoin de vacances...

vendredi 20 juin 2008

samedi 7 juin 2008

we can be heroes





Morton Feldman
(1926-1987)


"Because music is the most stressful thing to write. And it’s in the stress, the balance of what you think and how you could apply it. You just can’t get an idea, it has to go into the darkroom and materialize itself like a negative. That's its instrumentation. You just can’t get an idea and send it to Paul Zukofsky, it has to be on paper, it has to be articulated, and it has to be not a hackneyed idea. It’s a lot of stress, a lot of stress."

mardi 3 juin 2008

toujours là...

Le premier disque de jazz acheté :






et je crois qu'il n'y a pas une semaine qui ne se passe sans que je le mette dans ma platine, et que je remercie celui qui m'a conseillé de l'acheter.

dimanche 1 juin 2008

lazare et les morts


On raconte que Lazare, après sa résurrection, sentait si mauvais que les enfants s’enfuyaient à sa vue. Un corps qui fétide, de la viande qui tourne, une odeur nauséabonde de vie après la mort. 
On raconte qu’il devint par la suite, le saint patron des lépreux. Saint patron des peaux détachées, des peaux décollées, des peaux en lambeaux. Saint patron des petites taches pourprées, des peaux épaissies, durcies, enflées. Saint patron des peaux arrachées. Saint patron des grosses tumeurs, des tubercules violacées, des poitrines pendantes. Saint patron des membres qui tombent, des membres qui se séparent, des têtes rongées, des nez rognés, des yeux creusés, des bouches informes, des doigts affinés, des jambes creusées, des vivants qui sont morts, qui ressemblent à des morts, qui sont des morts, mais qui sont vivants. Saint patron de l’épouvante qui cloue les lèvres. Gaîté fétide.

dimanche 25 mai 2008

ANNONCE II

voici le deuxième message né de l'annonce.

vous trouverez les messages d'origine et leurs commentaires en cliquant ici et ici.

quant au blog il est .

bonne lecture.





Chère Gwen,
Ecrit par Madame Gâ le jeudi 20 septembre 2007



Quand tu entres chez nous, passé le hall d’entrée au papier peint moutarde vieillie, et au carrelage de marbre beige, notre chambre est au fond à droite.

Des petits tas s’y disputent pour empêcher toute circulation : des vêtements, des chaussures, des paniers, des valises ; des cartons en phase d’abandon (qui ne contiennent rien de bien intéressant : des rideaux qu’on ne mettra pas, des livres qu’on a déjà lus, de vieux dessins, des radios du genou) ; une table pleine de fils et de technologie ; un petit banc, qui déborde de paperasses, de carnets, de courrier, de gadgets, de figurines.

Il y a un placard dans le mur face à la fenêtre, assez grand pour contenir tous nos vêtements, le linge de lit, et laisser encore une place pour nos valises d’octobre.
C’est là que je m’habille, face aux doubles portes ouvertes, face au miroir intérieur.
La première fois que je m‘y suis vue, je ne me suis pas reconnue ; j’avais beau scruter, je ne voyais pas d’où cela pouvait venir. La lumière du matin, une attitude flatteuse, un teint frais? Je me suis félicitée, convaincue sur le champ que mon état d’esprit devait être des mieux disposé pour me montrer ainsi la personne que j’étais vraiment, fine, gracile, svelte, presque longiligne. Soudainement gonflée d’orgueil et de gratitude envers cette humeur qui me faisait tomber les écailles des yeux, j’aurais pu sur le champ tenir un discours fort argumenté à la première donzelle venue rêvant de liposuccion , dont je te passe les détails, mais qui en gros se finissait par : « bien dans sa tête, bien dans sa peau, telles sont les deux mamelles de l’estime de soi qui vous ouvrent enfin les yeux sur votre réelle apparence physique. » Fière de mon topo et de ce chemin parcouru, de la victoire sur ma dysmorphie galopante enfin terrassée, j’ai enfilé une petite robe qui, comment ne m’en suis-je jamais rendue compte, me fait un tout petit derrière.

L’affaire m’a occupé l’esprit, mine de rien. Je repensais à ces moments de tourments à propos d’une silhouette qui, somme toute, n’avait pas à rougir de ses contours. Je me sentais invincible et mûre, enfin, pour une vie d’insouciance diététique. Et cependant, méfiante.
J’ai commencé à avoir des doutes en enfilant une jupe familière ; mais préférant repousser une vérification que je sentais déjà défavorable, j’ai attendu jusqu’au surlendemain. Ce matin là, j’ai ouvert le placard et j’ai regardé, scruté, longuement et attentivement, sous toutes les coutures, pour trouver la faille. Et je l’ai vue. La supercherie m’a sauté aux mirettes. Le miroir du placard de la chambre est voilé. C’est très net si on bouge lentement de haut en bas, ce qui je te l’accorde, n’est pas si fréquent quand on s‘habille.
Le miroir du placard de la chambre au fond à gauche de notre appartement est un miroir amincissant.

Mais ne va pas croire que je ne sais pas profiter de la situation : tous les matins je me regarde et fais comme si je ne savais pas.



Chère Ga,
Ecrit par gwen le jeudi 20 septembre 2007




C'était la deuxième fois de la journée que j'étais à Kabukicho. Je me laissais tranquillement porter par la foule vers mon rendez-vous de six heures. Et je ne pensais à rien en particulier.
Au feu, j'ai levé la tête vers le ciel qui s'obscurcissait.
Ce n'était plus qu'une immensité anthracite que les néons taguaient.
Je n'ai pas traversé du premier coup : je regardais autour de moi.
J'avais, soudain, envie de tout partager : le gris à l'infini, les trains pressés dans le soir, les gens qui s'entrecroisaient joyeusement, la largeur de l'avenue, les lumières clignotantes... et, surtout, surtout, mon sentiment d'être bien dans cette ville, dans cette vie.
J'ai pensé à toi dont je n'ai toujours pas l'adresse -alors je ne la ferme pas, l'enveloppe de cette lettre que j'ai recommencé à t'écrire...
J'ai pensé à toi et tu me manques tellement.

Et sur le trottoir, là, je me suis, finalement, laissée guider de l'autre côté de l'avenue par le flot humain.
Je suis arrivée à l'heure à mon rendez-vous.


vendredi 23 mai 2008

we can be heroes


Jean-Luc Godard
(1930- )


même rayé à mort
un simple rectangle
de trente-cinq millimètres
sauve l'honneur de tout le réel



les masses aiment le mythe
et le cinéma s'adresse 
aux masses
mais si le mythe
commence à Fantômas
il finit au Christ

jeudi 22 mai 2008

mercredi 21 mai 2008

toujours là...





Combien de fois l'ai-je écouté ?
Combien de fois a-t-il aidé à terminer les soirées ?
Combien de fois a-t-il été suivi de vives acclamations par ceux qui ne le connaissaient pas encore, et qui dès le lendemain en faisaient l'acquisition ?

Et je l'ai racheté aujourd'hui,
Enfin,

Oui, un très très grand album, 


Je n'oublie pas aussi les albums de...
(mais la suite au prochain numéro)



mardi 13 mai 2008

Encres Orphelines


Parce que l'on apprend aussi à lire grâce à des éditeurs, et parce que Corti est de ceux-là. Parce que certains auteurs nous accompagnent longtemps, et parce que Michon, Bergougnioux, Macé sont de ceux-là, l'essai de Laurent Demanze, publié chez Corti est indispensable.

Laurent Demanze, Encres orphelines

la quatrième de couverture :


"Dans un temps de transmission empêchée et de tradition morcelée, la littérature contemporaine interroge les figures évanouies de l’ascendance. Tour à tour investigation généalogique et restitution biographique, les livres de Pierre Bergounioux, Gérard Macé et Pierre Michon s’écrivent à rebours de l’amnésie moderne. Car la modernité fait peu de cas des heures révolues et des êtres minuscules, des héritages secrets et des filiations traversières. Entre inquiétude et mélancolie, ces trois auteurs se ressaisissent d’un passé familial lacunaire, dans un souci de mémoire aux couleurs de deuil.

C’est la mélancolie qui taraude ce livre. La mélancolie d’écrivains qui ne se résignent pas à faire le deuil des temps désuets. La mélancolie aussi de leurs récits de filiation, où se dit la figure fin de siècle d’un individu hanté par les fantômes de l’ascendance et par leurs désirs inaccomplis. La mélancolie, enfin, d’une mémoire encombrée par les souvenirs de lecture et l’aura des livres d’autrefois. C’est elle qui donne à ce livre sa tonalité funèbre, c’est elle encore qui module dans les textes de Pierre Bergounioux, Gérard Macé et Pierre Michon l’élégie d’un monde disparu. Mais cette teinte sombre, qui colore leurs écritures, ne se réduit pas aux inflexions de l’humeur ni aux sombres cogitations. Elle est aussi une passion de l’altérité, qui recueille les destins déshérités de l’ascendance et restitue leur éclat singulier. Il y va ainsi dans cette mélancolie contemporaine d’une éthique de la littérature."


Vous pouvez lire ici, le prologue de cet essai.

Laurent Demanze, Écritures orphelines,
Pierre Bergougnioux, Gérard Macé, Pierre Michon,
éditions José Corti, 2008.