mercredi 23 décembre 2009

Nous qui avons toujours vécu au château... (II)



C’était un vendredi de la fin du mois d’avril. Je rapportai des livres à la bibliothèque. Le vendredi et le mardi étaient des jours terribles, car je devais aller au village. Il faut bien que quelqu’un s’y rende, au village. Constance n’allait pas plus loin que son jardin et Oncle Julian ne pouvait pas y aller. Ce n’était pas par défi ou par bravade que je m’y rendais deux fois par semaine, mais parce qu’il fallait bien que nous avions besoin de livres et de nourriture. Par contre, c’était sans doute par défi que je pénétrais chez Stella pour y prendre une tasse de café avant de rentrer, quand ce que je désirais le plus, à ce moment là, c’était de rentrer chez nous. Oui, par défi que je poussais la porte de chez Stella, car je savais qu’elle m’avait vue passer, et je ne pouvais supporter l’idée qu’elle pût penser que j’avais peur de rentrer dans son café.

- Bonjour Mary Katherine, lançait toujours Stella tout en essuyant le comptoir de son torchon humide. Comment vas-tu aujourd’hui ?

- Très bien, merci.

- Et Constance Blackwood, comment va-t-elle ?

- Très bien, merci.

- Et lui, comment va-t-il ?

- Aussi bien qu’il est possible d’aller. Un café. Noir. S’il vous plaît.

Si quelqu’un d’autre arrivait et venait s’asseoir au comptoir, je quittais immédiatement les lieux, tranquillement. Je n’avais alors qu’à dire au revoir à Stella qui me lançait irrémédiablement son « Portez-vous bien. »

Je choisissais toujours avec grand soin les livres à la bibliothèque. Bien sûr qu’il y avait des livres à la maison : deux murs du bureau de père en étaient recouverts, mais j’aimais les contes de fées et les livres d’Histoire, et Constance les livres relatifs à la cuisine. Oncle Julian, lui, n’avait jamais ouvert un livre de sa vie, mais il aimait, le soir, que Constance lise à ses côtés pendant que, lui, il classait ses papiers. Parfois il s’arrêtait et la regardait, il hochait la tête.

- Qu’est ce que tu lis, ma chérie ? Oh, quel charmant spectacle que celui d’une femme qui est en train de lire.

- Je suis en train de lire un livre qui s’appelle L’Art de la cuisine, Oncle Julian.

- Admirable.

mardi 22 décembre 2009

"tout ceci doit être considéré comme étant traduit par un personnage de roman."

Simon Melmoth avait une grande passion pour le roman We have always lived in the castle de Shirley Jackson. Il en aimait les personnages, les situations, (ou plutôt la situation), l'atmosphère. Comme lui avait dit M. un jour : "C'est vraiment un roman pour toi, avec un tel titre."
Il décida alors de traduire, de retraduire, ce roman, qui devenait : Nous qui avons toujours vécu au château. Après en avoir fait lire plusieurs pages à L., celui-ci lui dit : "Il faut vraiment continuer, même si c'est un long travail et que je regrette un peu que ce soit aux dépens de tes propres écritures. Mais à lire le début, on sent que c'est un livre que tu aurais pu écrire."

Ce sont ses tentatives de traduction qui sont ici données à lire, et tout ceci doit être considéré comme étant traduit par un personnage de roman.

lundi 21 décembre 2009

Nous qui avons toujours vécu au château...



Je m’appelle Mary Katherine Blackwood. J’ai dix-huit ans et j’habite avec ma sœur Constance. J’ai longtemps pensé que j’étais un loup-garou, à cause de mes deux doigts du milieu qui ont la même longueur, mais je dois me contenter de ce que je suis : une fille qui n’aime pas se laver, qui n’aime pas les chiens et le bruit ; qui aime sa sœur, Richard Plantagenet et l’Amanita phalloides, le champignon mortel. Le reste de ma famille est mort.

La dernière fois, j’ai jeté un coup d’œil sur les étagères de la cuisine, j’ai vu les livres de la bibliothèque – ils ont un retard de six mois – je me suis soudain demandée si je les aurais empruntés, ces livres, en sachant qu’ils seraient les derniers, posés là, sur l’étagère de la cuisine ? On bouge rarement les choses chez les Blackwood : on n'a jamais été très agités ou excités. On pactisait avec les quelques objets qu’il faut bien bouger comme les livres, les fleurs et les cuillers, mais toujours on s’arrangeait pour que tout reste en place. On reposait tout à sa place. Quand on faisait les poussières sous les tables, les chaises ou les lits, quand on enlevait la poussière des tableaux ou des lampes, quand on secouait les tapis, ensuite on remettait tout à sa place d’origine ; par exemple, le nécessaire de toilette en écaille de notre mère n’a jamais été déplacé, ne serait-ce que d’un millimètre. Les Blackwood ont toujours vécu dans cette maison et ont toujours tenu leurs affaires parfaitement en ordre. Si bien qu’à l’emménagement d’une nouvelle épouse d’un Blackwood, une place lui était trouvée sans problème pour ses affaires personnelles, et ainsi notre maison par couches successives s’agrandit-elle et put-elle faire face au monde.

samedi 19 décembre 2009

we can be heroes



Charles Olson
(1910-1970)

Ce qui ne change pas / c'est la volonté de changer

(et un petit tour : ici)

et aussi : ici

jeudi 17 décembre 2009

neige (parisienne)

Augen, weltblind, im Sterbegeklüft : Ich komm,
Hartwuchs im Herzen.
Ich komm.

Mondspiegel Steilwand. Hinab.
(Atemgeflecktes Geleucht. Strichweise Blut.
Wölkende Seele, noch einmal gestaltnah.
Zehnfingerschatten - verklammert.)

Augen weltblind,
Augen im Sterbegeklüft,
Augen Augen :

Des Schneebett unter uns beiden, das Schneebett.
Kristall um Kristall,
zeittief gejittert wir fallen,
wir fallen und liegen und fallen.

Und fallen :
Wir waren. Wir sind.
Wir sind ein Fleisch mit der Nacht.
In den Gängen, den Gängen.

Paul Celan, Schneebett - Sprachgitter, 1959

lundi 14 décembre 2009

bandit




"l'on vit en plusieurs endroits de Paris, au même moment et sans concertation, les gens tirer sur les horloges" 

mardi 8 décembre 2009

grimonprez-jooris

un Work in Progress

plus qu'intéressant à partir de, autour, dans Grimonprez Jooris, par Frédéric Ségu.

cliquez : ici.

lundi 7 décembre 2009

Survivance des lucioles



"Nous ne vivons pas dans un monde, mais entre deux mondes au moins. Le premier est inondé de lumière, le second traversé de lueurs. Au centre de la lumière, nous fait-on croire, s'agitent ceux que l'on appelle aujourd'hui, par cruelle et hollywoodienne antiphrase, les quelques people,  autrement dit les stars - les étoiles, on le sait, portent des noms de divinités - sur lesquelles nous regorgeons d'informations le plus souvent inutiles. Poudre aux yeux qui fait système avec la gloire efficace du "règne" : elle ne nous demande qu'une seule chose, et c'est de l'acclamer unanimement. Mais aux marges, c'est-à-dire à travers un territoire infiniment plus étendu, cheminent d'innombrables peuples sur lesquels nous en savons trop peu, donc pour lesquels une contre-information apparaît toujours plus nécessaire. Peuples-lucioles quand ils se retirent dans la nuit, cherchent comme ils peuvent leur liberté de mouvement, fuient les projecteurs du "règne", font l'impossible pour affirmer leurs désirs, émettrent leurs propres lueurs et les adresser aux autres." (p.133-134)

On peut lire aussi le très bon article de Pedro Babel : ici.

et la revue de presse : ici.

dimanche 6 décembre 2009

we can be heroes



« Tout ce que je dis est vrai, mais qu’importe. »

Refuser le simulacre ; refuser la théâtralité ; refuser le contenu narratif.

Ce qui insiste, ce qui résiste, ce qui persiste.

Théorème : expression d’un système formel démontrable à l’intérieur de ce système : me dit la jolie rousse au bar d’Angoisse.

Nous parler de… mais avec distance, et dans cette distance se place le vrai discours : ce qu’il y a vraiment à dire.

« Tout est vrai, mais selon une mémoire immédiate. »

Ne pas critiquer les stéréotypes, s’en servir, les analyser, les restituer. Les démonter, les remonter, les montrer.

Tout entretien est forcément fictionnel.

La pornographie se fera habillée et sera transformée en rituel, érotique, inédit, entre danse et peinture religieuse.

Aimer ce qui est dense et va vite : La Rochefoucauld et Tacite, César et sa Guerre des Gaules.

« Epanchement du songe dans la vie réelle. » (Gérard de Nerval) ; noté au crayon gris sur une fiche bristol.

Jouer avec Raymond Roussel, Raymond Queneau, Georges Perec…

Sentiment de première vue à l’égard de choses familiaires.

« Tout ce qui est dit est vrai, mais qu’importe. »

Fétichisme du dire vrai.

La disparition de toute profondeur, mais pas de la luciole. (infiniment précieuse, car porteuse de liberté, mais aussi angoissante, car toujours soumise à un péril palpable.)

Regarder la vie – toujours – qui palpite dans les silhouettes fragiles et gracieuses des jeunes filles qui passent.

« Tout ce qui est dit vrai, mais qu’importe. »

jeudi 3 décembre 2009

we can be heroes



à Gwen

« On a le souvenir des autres comme si on était leur mont-de-piété, on voudrait bien leur rendre gratis, seulement personne ne vient. »

On continuera de penser que l’on est au Cercle…

L’enfance c’était sympa, il y avait des copains et il allait jouer dans la neige. Mais : « Laisse tomber la neige ! » quand on lui dit que dans sa poésie il y a trop de « o », et que c’est un signe de faiblesse de sa langue.

… même si on n’est pas au Cercle.

« Je n’en ai rien à téter. », « … ils n’en ont rien à téter. »

Dresser une fraternité ; mais qui ne serait pas de l’affection (de la confiture). Lire c’est entrer dans une communauté :

( En lisant nous nous retirons provisoirement du monde. Lire est un acte solitaire . Lire nous oblige à nous retirer du monde. Lire c’est court-circuiter le temps établi. C’est rentrer dans un temps hors-du-temps. Lire c’est « être-en-commun », mais sans l’autre, sans sa présence physique, ni même sans connaître son existence. Un autre, à l’horizon. Pendant que nous lisons un livre, nous délimitons un espace, celui de la communauté que nous créons et que nous peuplons. Une communauté sans communauté dont les membres ne se connaissent pas, mais peuvent se reconnaître. Nous habitons aussi les communautés imaginées des autres lecteurs. Lire, c’est faire et être fait. Lire ce n’est pas simplement entrer en relation avec un livre et son auteur, c’est aussi se mettre sous le regard d’un tiers, à nous inconnu, jusqu’à ce que nous le rencontrions et que nous nous apercevions qu’il fait partie de la communauté imaginée du livre lu. Chaque livre crée sa communauté et chaque communauté se crée à partir de ses livres.)

On dira que c’est au Cercle.

Il dit : « … alors que des types comme Norman Mailer ça me fait chier. » (Par contre Raymond Carver, John Cheever, Bukowski, John Fante, Richard Brautigan et Fitzgerald, même ).

Et se demander… quand est-ce que ça commence l’histoire ?

Et au final : c’est une histoire d’amour.

On est bien au Cercle, même si ce n’est pas le Cercle.


lundi 30 novembre 2009

L'utopie, d'après Shakespeare




L’UTOPIE


Dans ma communauté, tout à rebours du monde ordinaire.

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

Aucun commerce, aucun titre de magistrature, aucunes sortes d’études.

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

Richesse, pauvreté, non ! Travailler pour les autres, non !

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

Vendre, léguer, délimiter, enclore, tailler la vigne, non !

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

Forger le métal, faire de la farine, du vin, de l’huile, non !

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

L’oisiveté pour chacun.

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

Seulement regarder passer les femmes, belles, pures et innocentes, oui!

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

Pas de souverain, pas de roi, pas de prince, pas d’empereur, pas de chef, pas de capitaine.

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

Pour le bien commun : la Nature.

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

Trahisons, félonies, piques, épées, dagues, pistolets, canons, guillotines, pas un seul.

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

La seule Nature pourvoirait de soi-même aux besoins du peuple en son innocence.

— Allons donc ! Tous oisifs ! Tous putains et tous souteneurs !

A gouverner si excellemment, l’Âge d’Or serait surpassée.

­— Quel ennui, quel tristesse, c’est à se planter un clou dans la tête, ton histoire.

Nous vivrons là où les noisettes pendent en grappes, nous irons chercher des œufs de mouettes des rochers du rivage…

— Que la vérole emporte ton pays, que la peste rouge t’emporte toi et tes maudites idées.

mardi 24 novembre 2009

Annonce

voici un message né de l'annonce.

vous trouverez le messages d'origine en cliquant ici.

quant au blog il est .

bonne lecture.




Complètement Bartok
...

1.
Faire revenir ;
ajouter et cuire.
mixer puis ajouter.
transvaser et réserver.
peler, mixer, passer et récuperer.
raper.
démouler, verser.
servir bien frais.
_______________
sinon presser
recommencer
connecter.


2.
Prendre un peu et diluer.
faire chauffer puis verser ;
remuer puis arrêter.
verser et ajouter sur le dessus.
servir sans attendre.
_______________
sinon déclipsez, dévissez :
retirer, remontez.
rebrancher, chauffer,
constater.

3.
Découper, réserver.
mettre à griller ;
mixer.
cuire.
servir frais tel quel ou tiède.
_______________
sinon ouvrir
sélectionnez
cliquer
indiquer.

4.
Faire chauffer ;
verser et laisser refroidir ;
mixer, assaisonner et ajouter.
servir très frais.
_______________
sinon éteindre
vérifier
dévissez
retirer, connecter
alimenter
ouvrir.

_______________________________________________
Encore beaucoup de notes à classer :

(1)
PARMI actualité magazines encyclopédie services copains boutique dictionnaire Langue française Synonymes Les thèmes Les usages Types de mots Recherche Top recherches Biographies Citations Dictionnaire Expressions Histoire Musique Inventions Noms de famille Noms propres Pratique Prénoms Proverbes Villes Actualité Argent Automobile Bricolage Cinéma Consommation Cuisine Femmes Guides d'achat High-tech Insolite Internet Juniors LivresMer et Voile Musique Nantes Nature IL Y A Paris Photo numérique Restaurant Santé Savoir Science Sport Télévision Vidéo Voyage Week-end Copains d'avant mais plus de maintenant Familles d'avant Albums-photos Vos questions vos réponses Groupes Voyages Agenda Assurances Astro / Tarot Bonnes adresses Boutique cadeau Boutique déco Boutique Musique Calculatrices Calendrier maternité Cartes de voeux Coiffure Cote Auto Cours de Bourse Jeux vidéo JDN Réseau Comparer les prix Comparatifs Covoiturage Crédit immobilier Devis Finances Devis travaux Devis services Dictionnaire Economiseurs Fonds d'écran Guides voyage Guides France Guide musées Guide des vins Horoscope Hôtels Jeux Médicaments Météo Mots croisés Photos Programme télé Pages jaunes Pages blanches Petites annonces Recettes Réservation hôtel Séances ciné Soutien scolaire Sudoku Téléchargement Test Connexion Test IMC Test QI Tirage photos Trafic Routier Webcams Week2 Wifi annuaire Flux RSS.

(2)
9 août-11 août: le typhon Etau frappe les mots
12 août : Perséides 2009, nuit des mots filants
16 août : Nouveau record du monde du 100 mètres des mots aux championnats du monde en 9.58 secondes.
21 août : dissidence de mots, sens et contre-sens, absence, condamnation et percement
22 août : police des mots, police du sens et creusement
29 août : fin du Congrès mondial acadien des mots
30 août : élections légèrement anticipées à la Chambre des représentants des mots
Portugal : fin des travaux de la première phase de prolongement de la ligne rouge du métro des mots

(3)
4 mots
7 petites lettres
Découper les mots en deux puis en lamelles sur la longueur, réserver.
Mettre les mots à griller au four pour leur retirer la peau ;
Mixer les lettres avec le mots,
Cuire à feu doux.
Prendre des bols ronds et mettre au fond quelques mots.
Servir frais tel quel en entrée ou tiède avec un coulis de gros mots en plat.

(6)
PARMI 1951-1953 : Musica Ricercata, onze pièces pour piano, tout comme un artiste, un conservateur, un écrivain, un historien ou un critique d'art adresse un regard singulier sur une oeuvre des collections du Musée national d'art moderne, un interprète ou un musicologue analyse une oeuvre musicale, choisies parmi celles de compositeurs familiers de l'Ircam. 1953 : Six Bagatelles pour quintette à vent (Arrangement de six pièces de Musica Ricercata). Les études pour piano de Ligeti marquent la fin du XXe siècle d'un sceau paradoxal. 1951-1954 : 1er Quatuor à cordes, « Métamorphoses nocturnes » Écrites pour un instrument dont l'évolution (facture, timbre, amplitude, spatialité) le situe au coeur même des recherches compositionnelles de la modernité, les études se devaient d'inventer une écriture contemporaine à partir de ses invariants incontournables: fixité des douze sons, stabilité multi-séculaire du clavier. 1957 : Glissandi, composition électronique Tout l'enjeu et la réussite du projet de Ligeti sera de tirer de ce paradoxe un "timbre pianistique" absolument singulier. 1958 : Artikulation, composition électronique Il provient sans doute de la relecture de modèles, souvent extra-européens, mais aussi issus de la tradition baroque - interaction réciproque entre les dimensions horizontales et verticales -, IL Y A Debussy ou Bartók quant à la conception formelle étroitement liée à l'altération des échelles musicales. 1961 : Atmosphères, pour grand orchestre Pour résumer ce paradoxe de la fin

(5)
Octobre :
1er octobre : Soixantième anniversaire de la proclamation des mots
2 octobre : Congrès du CIO à Copenhague (Danemark) pour désigner la ville qui organisera les mots de 2016
7 octobre : 60e anniversaire de la fondation des mots
14 octobre : Présentation du Tour de France des mots 2010.

(4)
Rappel : I. Introduction. Modéré, un peu vif. Chant d'amour 1. Modéré, lourd. Turangalîla 1. Presque lent, rêveur. Chant d'amour 2. Bien modéré. Joie du sang des étoiles. Vif, passionné, avec joie. Jardin du sommeil d'amour. Très modéré, très tendre. Turangalîla 2. Un peu vif - bien modéré. Développpement de l'amour. Bien modéré. Turangalîla 3. Bien modéré. Final. Modéré, presque vif, avec une grande joie. Messiaen. II. Opus 6. Du soir. Jouer avec beaucoup d'intériorité. Elan. Trés rapide. Pourquoi ? lent et tendre. Chimères. Avec humeur. Opus 12. 1er cahier. Avec vie. Avec intériorité. Avec humeur. Impatiemment. Simple. Très rapide (et intime). Pas vite (et avec une intensité extrême). Vif. Sur ce, Florestan s'arrêta et ses lèvres frémirent douloureusement. Avec vie. 2ème cahier. A la manière d'une ballade, très rapide. Simple. Avec humeur. Sauvage et gai. Doux et chantant. Vif. Avec bonne humeur. Comme de loin. D'une manière bien superflue, Eusebious ajouta encore ce qui suit ; mais en même temps ses yeux exprimaient l'extase. Pas vite. Schumann. III. 1903 : fa dièse majeur, ré majeur, ré bémol majeur, si bémol majeur, poème. Poème tragique. Poème satanique. Quasi alse? Poème languide, Poème fantasque. Poème d'album. poème "pasques". Poème 'Etrangeté". Poème "Vers la flamme". Scriabine. IV. Kammerkonzert. Corrente. Calmo, sostenuto. Movimento preciso e meccanico. Presto. Streichquartett n°2. Allegro nervoso. Sostenuto, molto calmo. Ligeti.

(7)
Septembre :
9 septembre : Jour symbolique des mots (09/09/2009). La succession du chiffre 9 représente Cirno, fée des jeux Touhou.
11 septembre : fin de la construction du mémorial des maux.
27 septembre : Élections législatives au Bundestag des mots.
27 septembre : Élections législatives à l'Assemblée de la République des mots
27 septembre : Sixième édition des Jeux des mots

(8)
de la modernité, rappelons la citation de Messiaen: " le piano est à la fois son propre timbre et tous les autres ". 1962 : Volumina, pour orgue Michaël Lévinas, né en 1949 à Paris, étudie au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris le piano et la composition avec Olivier Messiaen. 1962 : Aventures Les deux vocations de l'interprète et du compositeur se nourrissent l'une l'autre: lecture du répertoire allant du baroque au contemporain; souci du son et de l'exploration du timbre. 1963-1965 : Requiem En tant que pianiste, son répertoire de prédilection comprend notamment Bach, Beethoven, Schumann, Ligeti ou encore Boulez. 1966 : Concerto pour violoncelle Ses compositions, et notamment ses opéras, sont jouées par les plus grands interprètes aussi bien en France qu'à l'étranger.1966 : Nouvelles Aventures Michaël Levinas enseigne également au CNSMD de Paris. le réalisateur Stanley Kubrick utilisa plusieurs fois la musique de György Ligeti dans ses films, en particulier Atmosphères, Requiem, Lux Æterna dans 2001, l'odyssée de l'espace (« le monolithe noir ») et Musica Ricercata dans Eyes Wide Shut (le thème au piano, « comme un coup de poignard dans le cœur de Staline », d’après Ligeti [1]. Kubrick a également utilisé Lontano de Ligeti dans The Shining. 2001: l'odyssée de l'espace 11 000 000 États-Unis : 56 954 992 Monde : 120 000 000 France : 3 256 884 1968 Orange Mécanique 2 000 000 Monde : 26 589 355.

(9)
Novembre :
8 novembre : Centième anniversaire des mots de jeunesse.
9 novembre : Vingtième anniversaire de la chute des mots de Berlin.
13 novembre : Troisième passage de la sonde Rosetta près du mot pour une manœuvre d'assistance gravitationnelle.

(10)
PARMI un Film un Budget en $ des Recettes en $ [66],[67] Nb. d'entrées Date Spartacus 12 000 000 États-Unis : 30 000 000 Monde : 30 000 000 France : 3 525 328 1960 Lolita 2 100 000 Monde : 3 700 000 France : 2 000 000 1962 Docteur Folamour 1 800 000 États-Unis : 9 164 370 Monde : 12 000 000 France : 1 800 000 1964 France : 7 602 805 1971 IL Y A Barry Lyndon 11 000 000 Monde : 20 000 000 France : 3 475 185 1975 Shining 22 000 000 États-Unis : 47 000 000 Monde : 62 017 374 France : 2 359 705 1980 Full Metal Jacket 19 000 000 Monde : 46 357 676 France : 2 321 742 1987 Eyes Wide Shut 65 000 000 États-Unis : 55 691 208 Monde : 106 400 000 France : 1 660 789 1999. PUIS FINALEMENT. PARMI état du système Conditions Confidentialité À propos Aide Paris Communauté Animaux Artistes Cours Groupes Général Activités Bénévoles Covoiturage Garde d'enfant Infos locales Musiciens Perdu+trouvé Politique Événements Rencontres Relations platoniques Femme cherche femme Femme cherche homme Homme cherche femme Homme cherche homme Divers Amitié Coup de pouce au destin Polémiques Forums de discussion + de 50 1099 Aide Aliment. Amour Animaux Apple Argent Arts Assoc. Athée Autos Beauté Bon plan Cadeaux Comment. Emploi Extérieur F à F Femmes Film Forme Gay H à H Haïku Histoire Immoilier Impôts Jardin Jeux Juridique Libre exp. Loi cré Magasin Mariage Min. eth. Mort Motos Mots

(11)
PARMI Musique Ordi Ouvrir Parents People Philo Pol loc Politique Psycho R sur LT Récupérer Régime Réparer Santé Science Spirit Sports Transg Télé Voyages Végétarien Vélos blagues divorce fétichistes linux religion test vin Éco Écrivains Éduc Étiquet Immobilier Apts / Immob Bureaux / Commerces Chbres / Colloc Demande de logement Immob à vendre Locations de vacances Parking / Garage Sous-loc / Logmt temp Échange d'apts À vendre Acc.auto Bateaux Bijoux Cpg-cars Gratuit Général Livres Maison Matériaux Meubles Motos Outils Recherche Sports Tickets Troc Vélos Art + Antiq. Autos+utilit. CD/DVD/VHS Collections Enfant+bébé Entreprises Instr musique Jardin+ext. Ordinateur Photo+vidéo Vte. déménagmt Vêtements+acc antiquités appliances beauty+hlth cell phones toys+games video IL Y A gaming électronique Services Ances.PE Auto Beauté Cours Création Juridique Maison pet Érotique Financiers Immobilier Jardin+ext. Ordinateur Rédac/Éd/Trad Techniciens Thérapeutiques Trsprt/Déménagmt Voyages/Vac Événements Emploi Admin / Secrétariat Arch / Ingénierie Art / Média / Création Biotech / Science Comm / Direction Commerce de détail Compta + finance Conception Web/Infog Fonction pub. Général Immobilier Industrie Ingénieurs Internet Jurid / Parajurid Logiciel / QA / DBA Marketing / RP / Pub Médical / Santé Ressources humaines Rest./Hôtellerie Rédaction/Édition Salon / Spa / Fitness Secteur

(13)
Décembre
2 décembre : Cinquantième anniversaire de la rupture des mots à Fréjus.
4 décembre : Centenaire des Canadiens de Montréal, équipe des mots de la LNH.(Saison 2009-2010)
31 décembre : Éclipse lunaire partielle

(12)
PARMI associatif Service clientèle Support technique Système / Réseau Sécurité TV / Film / Vidéo Techniciens / Artisans Transport Ventes / Prospection enseignement [etc.] [temps partiel] Petits boulots Divers Talent Création Ordinateur Rédaction Tournage À domicile Événements Adultes PARMI amsterdam berlin bruxelles budapest copenhague côte d'azur dublin florence londres munich oslo oxford IL Y A Paris PUIS FINALEMENTprague rome stockholm venise/vénétie Édimbourg amsterdam bangalore bangkok barcelone berlin buenos aires hong kong londres manille mexique paris rio de janeiro rome shanghai sydney tokyo zurich Paysafrique du sud allemagne argentine australie autriche bangladesh belgique brésil canada caraïbe chili chine colombie corée costa rica croatia danemark ecuador espagne finlande france gde-bretagne grèce hong kong hongrie inde indonésie irlande israël italie japon liban luxembourg malaisie mexique micronésie nlle-zélande norvège pakistan panama pays-bas philippines pologne portugal pérou russie rép. tchèque singapour suisse suède taiwan thaïlande turquie uruguay venezuela viêtnam Égypte

(14)
PARMI Ecrire et marcheren action le présentle monde droit dans les yeuxbien en facedemander la même chose à l'écritureavec un cotéplus complexe / perversla mémoire rentre en jeula marche l'immédiatetéde la mémoirecorporelle de la mémoire mentaletrop de mémoireIL Y A évidemmentpas sélectionné les meilleurs momentsdes textes dans lesquels je sais quela guerre d'algérie dans ce dernier livreon retrouvera la mémoireil a fallut que je passe l'eautraverse le feuque je sois amoureuxtout ça lié au corpsje ne trouve pas dans mes livresou la marche en avance sur mes livresou livre en avance sur la marchele petit Venaillesdont je n'arrive pas à me débarassermais il est tardle petit de la douleur premièrece moment où on est au mondeoù ce quon voit fait peurle crilu des poèmesune manière de résisterdans les poches de treilluis (par def assez large)2 ou 3 livres de poésiepeut-être la force de ne pas sombrertenir le chocpas un commandoopérationnelmais faisions la guerremortsle cri des torturésil fallait répondrede la poésielecture de la tour du pin'la quête de joie' tenait bien dans la pocheles évènements qui m'ont formévouloir écrire pas dans la précipitationdans la vitesseobserverdécantationdans Algérie Itout ça mixéune histoire d'amourrevenir d'algérierecommancer une guerreme suis rendu compte de beaucooup de points de convergencedouleur physiqueet mentaledouleur déjà là 26/11/36 - un poète comme Venaille.

(15)
300 ml de lettres
4 càs de mots
4 càs mots
30 gr de lettres
Prendre un peu de mot et diluer le mot ;
faire chauffer le mot avec les lettres puis verser le mot dilué ;
Remuer environ 5 mns pour épaissir puis arrêter la cuisson.
verser dans de petits bols et ajouter des graines de mots frais sur le dessus.
aussi surprenant que bienvenu par cette chaleur estivale !

(16)
PARMI Luisance ... Lettres à soi-même ... Rue Perec ... I.Songe que sa main dans le longuement l'écrire à... Here then ... Matière première III. IL Y A Lou ... Page 76 ... Suite en sol : les tricotets Lisez-moi : Aucun rapport (2) ... Aucun rapport ... Maints détours ... Rue Mansart ... Modifier et publier ... Premier bilan de la saison estivale ... Impasse de l'Adieu ... Rue Erasme (2) ... Rue Erasme ... Rue Rambuteau (2) ... Rue Rambuteau ... les billets du mois d'août. PARMI La musique marche. Avec le très peu d'air les portes de l'amont. Où il n'y a pas de chien pas d'oiseaux cachés. Où tout se joue dans le creux. A coté. Ca parle de maîtresse - sans doute parce que l'école a fermé ses porte à l'heure du train, avec ses feux, sa fumée, sur les rails de la suie bleue. Dégage et ne dit rien le sage. L'impression qu'il m'attend. Se rebelle. Quand j'écris comme tu me photographies. IL Y A un peu à mon insu avec tes mains de Nouvelles-Angleterre. C'est encore venu l'amont. Ils ont constaté que ce n'était pas bon que rien ne peut être bon quand crisse trop le porter de la pente. toutes les lettres ne font pas des phrases. toutes les gares ne front pas des trains. Songe que sa main dans le longuement l'écrire à double tour dans ses rêves marchant ferme tu es là _ songe que son visage sans jamais trois falaises et les collines de bois les collines de pluie ses hanches ou mes collines à mains _ songe que son sourire à pas lents mon soleil vers elle _ songe que ses mots à conjuguer comme loin le port se gorge de ça.

Annonce

Lors de la création de ce blog, j'avais mis une annonce : elle proposait simplement que ce blog serve aussi à réactualiser d'anciens messages d'autres blogs. Je proposais de les publier ici. Cela se produisit deux fois :


(à lire ici)

Ma proposition tient toujours, et cela retardera d'autant plus la mort annoncée...
N'hésitez pas à me contacter.

dimanche 22 novembre 2009

Suicide d'Edouard Levé


Ils sont allongés sur le lit. Il prend Suicide et commence à lui lire les premières lignes. Il lui dit que c'est sans doute le meilleur livre qu'il ait lu depuis bien longtemps.

Il commence : " Un samedi au mois d'août, tu sors de chez toi en tenue de tennis accompagné de ta femme. Au milieu du jardin, tu lui fais remarquer que tu as oublié ta raquette à la maison. Tu retournes la chercher, mais au lieu de te diriger vers le placard de l'entrée où tu la ranges d'habitude, tu descends à la cave..."
Il lit et il s'arrête à la phrase : " Mais rien de tout cela n'existe." Elle sourit. Elle lui dit que d'habitude elle n'aime pas les textes écrits à la seconde personne, qu'elle n'aime pas ces adresses au personnage ou au lecteur, mais que là, elle aime bien. Elle dit qu'elle trouve toujours cela un peu artificiel comme procédé, mais que là, elle aime bien. Elle trouve cela beau et réussi.

"Mais rien de tout cela n'existe", non ce texte n'est pas dramatique, ce texte n'est pas une longue plainte. C'est un jeu — peut-être même un exercice de style. En tout cas, il ne faut pas y croire, car rien de tout cela n'est vrai, n'est-ce pas ?

Une vie rêvée, imaginée, inventée, à chaque page, à chaque séquence, à chaque mouvement.

"Ta vie fut une hypothèse."

Il lit ensuite la longue scène du barbecue ; les amis d'enfance retrouvés. Il lit aussi la scène de la paire de chaussures : drôle, saisissante et si triste.

Elle aime qu'il lui lise ces pages : non pas parce qu'il lit particulièrement bien, mais parce que le texte l'emporte, la saisit ; elle se laisse aller au rythme des phrases, elle se laisse emporter par le souffle si singulier de l'auteur.

Il lui lit ensuite de courtes phrases, aphorismes ou maximes :

"Tu avais par ton suicide attristé ton passé et aboli ton futur."
"En art, retirer est parfaire. Disparaître t'a figé dans une beauté négative."

 Et un passage qui trace un portrait singulier du personnage :

"Tu fumais des cigarettes américaines. Ta chambre était imprégnée de leur odeur sucrée. Te voir fumer donnait envie. Dans ta main, une cigarette était un objet d'art. Aimais-tu fumer, ou te représenter fumant ?"

Tout est comme ça, dit-il. C'est bien, n'est-ce pas ? Elle est d'accord. Elle lui dit qu'elle lui emprunte le livre, qu'elle va le lire, cet après-midi.

Bien sûr on ne peut s'empêcher de penser au suicide d'Edouard Levé en lisant ce texte, mais ce serait faire une grosse erreur que de le lire seulement pour cela, pour essayer d'y trouver les raisons de son acte. Suicide existe en dehors de celui de Levé.

"Je ne souffre pas en pensant à toi. Tu ne me manques pas. Tu es plus présent dans mon souvenir que tu ne le fus dans notre vie commune. Si tu vivais encore, tu serais peut-être devenu un étranger. Mort, tu es aussi vivant que vif."



Edouard Levé
ed. POL
(réédition en Folio le 26 novembre 2009)